L’affaire du féminicide survenu en fin mars a pris une tournure inattendue à la veille de la célébration de l’Etat unitaire, à la suite de la libération d’un couple suspect dont l’époux est opérateur économique.
Des images des flammes, des scènes de pillage sont visionnés dans les vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux. Ça se passe à Zoétélé, le 19 mai dans la région du Sud, à la suite de la libération d’un opérateur économique qui avait été appréhendé avec son épouse et son employé dans le cadre de l’affaire du féminicide de Dikamba Marie Patience.
C’est sous haute tension que Zoétélé a vécu la 54e fête de l’unité nationale. Durant ce jour, les populations en furie ont contesté une décision de justice dans l’affaire du féminicide de Dikamba Patrice, elles ont manifesté leur mécontentement par des actes de vandalisme sur les biens du suspect relaxé, ainsi que d’autres personnes ciblées.
Les images du corps sans vie de dame Dikamba avait suscité un choc indescriptible. Elle avait des bâtons enfouies dans sa partie génitale et les premières constations faisaient état d’un viol, ainsi parlait-on d’un féminicide. Dans le cadre de l’enquête, sieur Flavien Nzikom Kamdem, opérateur économique installé depuis de longues années à Zoétélé a été placé sous mandat de dépôt à la prison de Sangmélima ainsi que son épouse et leur vigile qui aurait entretenu une relation intime avec la victime. Mais le couple a été mis en liberté provisoire, une libération qui coïncidait avec la publication d’un certificat du genre de mort établi par l’hôpital de district de Zoétélé concluant « une mort accidentelle ». Un rapport contesté par les autorités traditionnelles et les populations locales au regard des circonstances dans lesquelles la victime avait été retrouvée.
Les populations ont pris d’assaut les propriétés de sieur Kamdem, qu’ils ont saccagées et incendiées. Ces actes filmés et publiés sur les réseaux sociaux ont fait du bruit pendant le 20 mai 2026, jour de commémoration de l’Etat unitaire, faits qualifiés d’actes tribalistes, visant l’origine ethnique du suspect relaxé. Des actes qui auraient conduit à l’interpellation d’une trentaine de personnes.
Ce jeudi 21 mai, lendemain de la fête nationale, dans une vidéo devenue virale sur les réseaux, un homme se présentant comme le papa de la victime tente d’apaiser les tensions. Il se désolidarise des actes de vandalismes perpétrés par les populations locales et invite à la rationalité. Il informe que des hautes autorités seront saisies afin que la vérité soit révélée et que justice soit faite à sa fille.
L’affaire est donc toujours pendante et plus que jamais, le public et la famille cherchent à savoir ce qui est réellement arrivé à Marie Patience. Même si le vigile de Flavien Nzikom Kamdem reste incarcéré, les populations sont convaincues d’une manœuvre des autorités et demandent la vérité sur la mort de dame Dikamba.
Chanelle NDENGBE
