Le tribunal prononce la peine capitale après 10 mois de procédures dans cette affaire d’assassinat qui a profondément heurté les Camerounais.
A l’issue de près de 4 mois de procès, le tribunal de grande instance de Yaoundé a rendu son verdict mercredi 18 mars 2026, dans l’affaire bébé Mathis, infligeant à Dagobert Nwafo la peine de mort par fusillade pour l’assassinat du fils de son voisin Ouandji BEAO Mathys Nathanaël. Le mis en cause était poursuivi pour assassinat, il s’est présenté devant une audience criminelle composée de dame Sanama Ekassi Alain (Présidente), des trois membres dame Ngo Bakoa Josephine, Messieurs Bias Albert Joël, Nganmigni Jean Marie, et de la greffière Me Abono Anita
Le tribunal de Grande Instance du Mfoundi a ainsi répondu favorablement à la réquisition du parquet, mais les débats s’observent au sujet de l’application de cette peine assez rare au Cameroun.
Peine capitale par fusillade, 500 millions de francs cfa, c’est la condamnation de Dagobert Nwafo, 10 mois après les faits sanglants qui se sont produits au quartier Ngoa et Kelle dans la ville de Yaoundé. Le 10 mai 2025, jour où le papa de l’artiste Lydol est devenu tristement célèbre après avoir poignardé deux fois l’enfant Mathis, fils de son voisin Paulin à l’issue d’une dispute avec ce dernier. La dispute ayant eu lieu dans un bar alors que les enfants de Paulin visionnaient au domicile familial, Dagobert Nwafo qu’on appelle encore Blake, avait laissé son vis-à-vis au bar et s’était rendu en furie à la maison de celui-ci armé d’un couteau avec lequel a mis fin aux jours du garçon de 6 ans.
Pour plusieurs, c’est un verdict inédit, les débats vont donc bon train sur son application. Selon des juristes, cette peine de mort sera commuée en prison à vie. C’est ce qui s’est passé dans une autre affaire glaçante que le Cameroun a connue en 2018. L’histoire qui est la preuve que la peine de mort par fusillade n’est pas inédite depuis au moins une décennie au Cameroun, est celle Joël Tankoua qui a violé à mort ses deux nièces qu’il était censé garder en l’absence de leurs parents. Elles avaient 6 ans et 7 mois. Ce drame avait eu lieu le 10 mars 2018 à Nkongsamba, mais c’est le 17 mai 2023, soit 5 ans plus tard que l’affaire avait été classée avec la prononciation de la peine capitale par fusillade en plus de 92 millions à verser à la famille. Mais la peine de mort a finalement été commuée à la prison à vie. Cette décision de changer la peine de mort à la prison à vie trouve son essence dans le fait que la peine de mort n’est plus appliquée au Cameroun comme nous apprennent des juristes.
Le croisement des deux affaires pourrait illustrer une avancée dans le traitement des infanticides au Cameroun. Si l’affaire Joel Tankoua a pris 5 ans pour être résolue, l’affaire bébé Mathis a été résolue en 10 mois après les faits. Le suivi permanent de l’affaire par les médias et les mobilisations faites sur la toile ou sur le terrain afin de réclamer justice, seraient à mettre à l’actif des facteurs de cette avancée qui soulage un grand nombre. L’affaire Mathis a profondément heurté l’ensemble des Camerounais.
Chanelle NDENGBE
