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FEMINICIDE A DOUALA : LE SUSPECT ATTAQUE SA BELLE-SOEUR ET ABAT SA FEMME A LA MACHETTE

Il y a toujours des traces de sang sur les lieux de cet horrible crime qui s’est produit dans une école primaire au quartier CCC, dans le 3e arrondissement de Douala.

Le féminicide de la nommée Mani Kollo Téclaire succédant à d’autre crimes similaires produits en un court espace de temps interroge sur l’existence d’une épidémie de féminicides au Cameroun. Pour le cas échéant, l’enquête de la rédaction de Griote sur le terrain, a révélé qu’un homme n’a pas seulement ôté la vie à sa femme, mais il a aussi tenté d’en découdre avec sa belle-sœur.

Téclaire pourchassée et tuée dans une école par son mari

C’est à l’école privée Lumière, lieu-dit Source, que dame Mani Kollo Téclaire a terminé sa course pour se sauver de son mari, le nommé Nzeda Rigobert. Dans le coin, des riverains qui ont assisté à cette course nous racontent. « Il y a une dame qui venait en criant : aidez-moi, aidez-moi. Il y a un monsieur qui venait à vive allure derrière elle. Bon, la femme, parfois, elle jetait l’œil derrière pour voir à quel niveau était son bourreau. J’ai même crié à ce monsieur-là que jeune homme arrêtez ! Arrêtez ! », relate sieur Ndintonga François. « On était assis ici, on a vu la femme-là courir, passer comme ça là. Derrière elle, il y avait aussi un monsieur qui courrait avec la machette. Le temps qu’on aille voir, il avait déjà coupé ça et là », rapporte une maman de cette localité.  En courant, comme nous disent d’autres témoins, Téclaire a trébuché à l’entrée de l’école et sans perdre une seule seconde, Rigobert l’a tranchée plusieurs fois avec sa machette. A l’école, où la victime a vécu ses derniers instants, le directeur de l’établissement a attiré notre attention sur les taches de sang qui étaient encore sur les lieux. Le sel répandu sur une bonne partie témoigne de la situation vécue la veille. Cette scène effroyable s’est produite autour de 16h, mais le personnel n’a pu percevoir la scène qu’au dernier coup de machette. « A peine elle est tombée, le monsieur n’a pas attendu, il a directement commencé à découper. Moi je travaillais en salle après le départ des élèves, j’étais là, je travaillais seul. Je sors maintenant quand j’ai entendu les cris. C’est quand il a lancé le dernier coup de machette que j’ai vu quelqu’un couché au sol. Quand j’arrive le monsieur prend la fuite. Je dis aux gens arrêtez-le ! Il a tué. Et puis on l’a poursuivi jusqu’en haut. C’est de là qu’on la désarmé ». Mais comment a commencé cette poursuite ? Pourquoi ? Les riverains disent ne pas savoir ? Certains nous indiquent le domicile de la sœur de la défunte qui pourra donner des éléments de réponse.

Préméditation d’un double homicide ?

Au lieu-dit « Liberté », non loin de la scène de crime, vit Louise présentée comme la sœur de la défunte. Louise a une large bande sur la partie supérieure du dos, et une à la main. Elle est également sous perfusion lorsque nous arrivons chez elle. La jeune femme était avec la défunte quand le bourreau a fait irruption sur leur lieu de commerce qui se trouve aussi au quartier CCC. Selon le récit que Louise s’efforce à donner à notre rédaction malgré sa douleur, il ressort que les deux dames ont vu surgir sieur Nzeda Rigobert accompagné d’un homme, un certain Mpacko. « On était là, il est sorti de nulle part. Il m’a appelé par mon nom. La défunte a seulement dit : hum ! Il a encore appelé mon nom pour la deuxième fois. Il me tend la main, je tends ma pars pour le saluer il sort la machette… ». En esquivant le premier coup de machette dirigé sur elle, Louise l’a reçue au dos, d’où le pansement qu’elle porte. Le bourreau a levé un autre coup de machette en direction de son épouse Téclaire, mais Louise a demandé à celle-ci de s’enfuir. C’est ainsi qu’elle entre en course, et après avoir parcouru près de 300 mètres, elle trébuche au portail de l’école et son mari met sauvagement fin à ses jours.

Pourquoi infliger la mort de façon aussi barbare à la femme qu’on a épousé et avec laquelle on a trois enfants ? Les mobiles du crime n’ont pas clairement été évoqués sur le terrain, mais Louise très proche de la défunte, révèle que Téclaire avait quitté son mari depuis le mois de décembre 2025 pour violences et irresponsabilité. Les tensions continuaient d’exister entre eux parce qu’il ne supportait pas la séparation.

Pour Louise, le coup du 23 février 2026 était prémédité puisque l’homme qui l’accompagnait n’a pas tenté de stopper l’action. Selon des témoins, la machette était aiguisée des deux côtés ce qui laisserait penser à une préméditation. Par ailleurs, une riveraine estime que le présumé assassin a « calculé l’heure à laquelle, cette zone est déserte pour opérer ». Si plusieurs sont soulagés que l’incident ne se soit pas produit en présence des enfants à l’établissement, cette tragédie continue de traumatiser. Le présumé assassin a été interpellé par les éléments de la gendarmerie de Logbaba, mais les inquiétudes s’expriment sur la sécurité de Louise car, le présumé complice de Rigobert court toujours.

Téclaire Mani Kollo laisse trois enfants, âgés de 19, 7 et 2 ans. Son meurtre barbare tenu le même jour qu’un féminicide à Kribi et après une série de drames, interpellent sur le sens qu’on devrait donner au 8 mars, journée internationale des droits des femmes qui s’annonce en grande pompe sur le plan institutionnel.

Chanelle NDENGBE

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