Les sanctions sont tombées dans l’affaire Ngarbuh, 6 ans après ce massacre dans lequel, 22 civils dont 10 enfants et 3 femmes ont péri.
Le tribunal militaire de Yaoundé s’est prononcé sur l’affaire Ngarbuh le jeudi 19 février 2026, soit 6 ans après cette tuerie qui a ébranlé le Cameroun. Au banc des accusés, des agents des forces de défense et de sécurité ont écopé des peines d’emprisonnement ferme.
La justice militaire a condamné quatre personnes dans l’affaire Ngarbuh du 14 février 2020. Parmi ces personnes, trois font partie des forces de défense et de sécurité. Il s’agit du sergent Baba Guida, le caporal Sanding Cyrille et le gendarme Haranga Gilbert, qui étaient poursuivis pour des faits de « violation de consigne, meurtre en coaction, violences sur femme enceinte, incendie et destructions ». Reconnus tous trois coupables, les coaccusés sont condamnés à des peines allant de 5 ans à 10 ans de prison ferme. Le sergent Baba Guida écope de 8 ans de prison, le caporal Sanding Cyrille, 5 ans de prison et le gendarme Haranga est condamné à 10 ans d’emprisonnement tout comme un autre accusé. Ce dernier est Tata Nfor Maxwell, dit Bullet, reconnu coupable de « coaction de meurtre, incendie et destruction ». En plus des peines d’emprisonnement, le tribunal « les condamne en outre aux dépens liquidé à la somme de 183 100 FCFA à la contrainte par corps de 6 mois en cas de non-paiement de dépens », selon le conseil d’avocat de la défense constitué par Me Menkem Sother et Me Massi Géorgie.
C’est encore encré dans les esprits des Camerounais, ce qui s’est passé dans les villages Ngarbuh I et III le 14 février 2020. Une intervention de l’armée dans le cadre de la crise anglophone a empiré la situation dans ces localités de la région du Nord-Ouest, avec des civils tués, des femmes enceintes violentées, des habitations incendiées et détruites. L’implication des forces de défense et de sécurité dénoncée par des activistes face au lourd bilan humain, a soulevé un tollé national et international. Le gouvernement avait d’abord nié la responsabilité de l’armée avant de faire volte-face. Un procès s’était donc ouvert avec des soldats au banc des accusés. Après une longue attente, le verdict est rendu, mais plusieurs jugent cette décision clémente pour rendre justice à 22 civils dont 10 enfants et trois femmes.
Chanelle NDENGBE
