La victime étant portée disparue il y a deux ans, l’enquête révèle l’implication de ses deux fils.
A Pouma, département de la Sanaga-maritime dans la région du Littoral Cameroun, les enquêteurs découvrent un corps dissimulé dans une concession familiale, une dépouille qui pourrait bien appartenir à la doyenne de cette famille, veuve d’une personnalité administrative du pays. Cette dernière n’a donné aucun signe de vie depuis deux ans, d’où les enquêtes qui ont révélé la terrible implication de ses fils dans sa disparition.
Dame Matilda Ngo Pondi, veuve de Stanislas Bias, gouverneur de l’Est entre 1972 et 1976 était portée disparue depuis mars 2024. Dans le cadre de l’enquête visant à la retrouver, les éléments de la légion de gendarmerie ont effectué une descente au domicile des Bias en février 2026. Ils y ont trouvé les restes de la défunte dans le caveau familial vers lequel l’un des fils les a conduits. Ce dernier avoue avoir avec son frère, enterré leur maman discrètement à cet endroit et à l’insu des autres membres de la famille. Ce fils Bias, soupçonné d’avoir assassiné sa maman, dit que celle-ci est décédée à l’hôpital et que son frère et lui ont respecté ses dernières volontés en l’inhumant le même jour. Mais des zones d’ombres demeurent. Pourquoi n’avoir pas informé les autres membres de la famille. Pourquoi avoir fait croire que leur maman était encore en vie lorsqu’on demandait de ses nouvelles ? C’est ainsi que la fille ainée de la défunte rejette la version donnée par son frère. « Tantôt maman était à Maroua, tantôt évacuation sanitaire au Sénégal, tantôt dans un lieu sûr. Je ne sais pas par quel miracle la gendarmerie a pu lui faire avouer que maman est décédée il y a deux ans, le 24 mars 2024 », a-t-elle réagi face à la presse. Elle indique également avoir été écartée de l’héritage par ses frères, bien avant le décès de leur maman et évoque des menaces avec arme sur sa personne.
Une dépouille a effectivement été retrouvée dans le caveau familial. Il faudra confirmer par des analyses médicales qu’il s’agit bel et bien de la veuve Bias. Quant aux fils accusés de matricide, l’un est aux arrêts et l’autre en fuite.
Cette histoire révélée en 2026 s’ajoute aux tragédies que le Cameroun encaisse depuis peu, des drames qui mettent au centre des familles et des victimes qui sont pour la plupart des femmes et des enfants. C’est une situation qui fait peur aux populations, interpellant sur les mesures urgentes pour contrer l’insécurité sur toutes ses formes.
Chanelle NDENGBE
