DES DAMES DE LA SOCIETE CIVILE FORMEES A DOUALA SUR LA PREVENTION ET LA RESOLUTION DES CONFLITS

L’évènement a mis en lumière l’engagement des femmes pour la paix et la cessation des conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en particulier.

La capitale économique du Cameroun a accueilli du 10 au 14 décembre dernier un moment de formation sur la sensibilisation et de prévention des conflits, une initiative de l’organisation non gouvernementale (ONG) Search for common ground, à laquelle ont pris part des femmes leaders d’associations dans les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso).

Le four day training on CGA and conflict sensitivity training est la désignation anglaise de cet évènement qui a regroupé une vingtaine d’actrices de la société civile basées dans les régions du Noso. La paix devenue un luxe depuis 7 ans pour les résidents de cette partie du territoire camerounais était au cœur de cette cession de training. Ces femmes représentantes des associations ont reçu des outils pour mieux porter le combat qu’elles mènent pour la paix dans leurs communautés. C’est ce qu’explique dame Marie Louisette Lobe, représentante de l’ONG organisatrice au Cameroun.

« Dans le cadre cette activité, nous avons des associations de femmes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui travaillent sur les questions de prévention des conflits. Nous leur donnons des outils pour renforcer leurs capacités afin qu’elles à leur tour soient capables de développer cette même approche dans leurs communautés »,

apprend dame Lobe.

www.griote.tv

La place de la question identitaire dans la prévention et la résolution des conflits, un KSA acquis en fin de formation

Le renforcement des capacités des dames sociales a porté sur l’acquisition des connaissances, des compétences et des attitudes à adopter pour prévenir ou résoudre les conflits, les KSA dans l’appellation anglaise pour dire Knowledge, Skills and Compétences (Savoir, Outils, Compétences). Aussi au cours de chaque activité, les formatrices s’assuraient que les ces trois éléments sont réunis chez les participantes. L’activité qui a ouvert le bal est ainsi celle de la question identitaire. Au cours d’exercices pratiques, les participantes ont pu comprendre comment la question d’identité peut provoquer les conflits. C’est bien cerné pour Perine Afanwi Eseh, représentante de la fondation Solidarity health basée à Buea.

« Nous avons compris que les différences identités sont à mesure de provoquer les conflits. On peut le voir dans certains cas avec les francophones et anglophones d’une part et avec les chrétiens et musulmans d’autres part. C’est pourquoi il est important d’être édifié sur cette notion, c’est en étant conscient de ces différences d’identité que l’on peut mieux entamer le discours de prévention ou résoudre le conflit quand il a déjà déclenché »,

explique la jeune socialiste. C’est également cette connaissance sur les identités qui donne des compétences pour mener à bien des collaborations, une autre étape importante pour la prévention et la résolution des crises. C’est fort de son rôle déterminant dans toutes les démarches pour contrer les conflits que la question identitaire a été abordée en premier dans cette session de formation.

La participation exclusive des associations dirigées par des femmes à cette formation corrobore avec la vision de Search for common ground de « soutenir les associations de jeunes et de femmes dans leurs activités relatives à la prévention et la résolution des conflits », pour reprendre dame Lobe. Cette forte participation féminine est prometteuse en terme d’efficacité, car la femme naturellement éducatrice saura valablement user des connaissances acquises à cette formation.

« On dit que les femmes sont faibles, mais nous sommes remplies d’intelligence. C’est par la femme que les enfants viennent au monde, c’est elle qui les éduque au point d’en faire de grandes personnalités. C’est pourquoi ma présence ici est importante. J’apporte ma contribution en tant que femme, en tant que camerounaise pour que les gens cessent de mourir chez moi, pour la paix dans ma communauté et dans mon pays »,

déclare madame Elisabeth Kang du PSAM.

L’Organisation Non Gouvernementale Search for Common Ground est activement présente au Cameroun depuis plus de trois ans par des initiatives comme celle qui s’est tenue entre le 10 et le 14 décembre dernier. Un pas en avant dans la lutte pour le retour à la paix dans le Noso afin de stopper la saignée qui coule depuis 2016 et qui a déjà fait des milliers de déplacés internes et refugiés avec de lourdes séquelles sur la nutrition et l’éducation et l’économie entre autres.

Chanelle NDENGBE

 

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