Le suivi des investigations sur l’assassinat du jeune originaire de la chefferie de 3ᵉ degré de Japoma mène à des révélations troublantes.
Le portrait géant de l’homme de 33 ans accueille désormais les visiteurs à la chefferie de 3ᵉ degré de Japoma, dans le 3ᵉ arrondissement de la ville de Douala. La consternation se lit sur les visages et s’entend dans la voix de la mère et des proches du défunt lorsqu’ils évoquent son assassinat le mercredi 5 août 2026, soit deux mois jour pour jour après le tragique incident. Dans la nuit du 4 au 5 juin, alors qu’il raccompagnait sa petite amie chez elle au lieu-dit Mahol City, Mpondo a été injustement accusé de vol avant de subir un lynchage qui lui a été fatal.

Quatre suspects recherchés, six aux arrêts
« Au voleur ! Au voleur ! » : ce sont ces cris qui ont scellé le sort de Mpondo. La famille et les proches du défunt désignent celui qui a lancé cet alerte comme le « commanditaire » de l’assassinat. Sans laisser le temps au jeune homme de s’expliquer, des riverains se sont rués sur lui avec des gourdins et des machettes, lui infligeant une mort d’une rare violence. Il n’a reçu aucun secours de sa petite amie qui aurait, au contraire, pris la fuite.
« La fille a fui. On ne sait pas où elle se trouve jusqu’à aujourd’hui et on ne connaît même pas son nom. Mpondo amenait souvent différentes filles ici. Un jour, je l’ai vue et je lui ai simplement demandé : « Ma fille, tu viens d’où ? » Elle m’a juste répondu qu’elle était anglophone, c’est tout »,
confie dame Ngonde Julienne, la mère du défunt. Elle révèle également que cette jeune femme entretenait une liaison avec son bailleur, le nommé Tembi Charles, pressenti comme le commanditaire du meurtre et également porté disparu.
« Elle était la maîtresse de ce monsieur, qui est son bailleur. Il s’appelle Tembi Charles. C’est lui qui a crié « Au voleur ! Au voleur ! », incitant la foule à tuer Mpondo. Lui aussi a pris la fuite. Il semble d’ailleurs qu’il avait déjà vendu sa maison depuis un moment et devait libérer les lieux en novembre prochain »,
ajoute la mère de la victime.
En plus de la compagne de Mpondo et du bailleur présumé, deux autres hommes sont en fuite. Après avoir déserté leur domicile pour échapper à la justice et par crainte de représailles de la part des jeunes du quartier de Mpondo, ils tenteraient désormais de vendre leurs biens à distance. À ce jour, six personnes ont été interpellées à la suite du drame.
L’affaire est actuellement suivie au Tribunal de Grande Instance (TGI) du Wouri. Le corps de Mpondo Madiba se trouve toujours à la morgue, et sa famille prévoit d’organiser ses obsèques à la fin de ce mois d’août.
Chanelle NDENGBE
