La juriste a prêté serment en tant qu’avocate stagiaire, s’ouvrant ainsi une nouvelle page, plus d’une décade après le vol de son bébé.
Le nom de Vanessa Tchatchou fait sensation, 13 ans après la disparition de sa nouvelle-née à l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Ngousso à Yaoundé. La jeune dame est impétrante dans un cabinet d’avocat après avoir prêté serment le vendredi 13 septembre 2024.
Vanessa Tchatchou fait donc partie des 648 nouveaux avocats qui ont fait leur entrée en stage au Cameroun cette année 2024. La désormais maître a prêté serment au tribunal de grande instance du Wouri, à Bonanjo . Elle va à l’assaut du Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CPA) qu’elle devra obtenir au bout de deux ans de stage.
L’admiration est énorme pour l’une des plus populaires victimes de vol de bébé dans les hôpitaux du Cameroun. Courage, abnégation et résilience sont louées chez la « mère privée du fruit de ses entrailles », comme elle a coutume de se désigner. Pour elle, c’est un rêve réalisé un moyen d’être la voix des sans voix et de se battre pour faire régner la justice dont elle a été privée à son adolescence. La nouvelle avocate entrée en stage promet dévouement dans sa carrière et envoie un message à sa fille volée : «Aujourd’hui, je vous promets de me consacrer corps et âme à ce premier volet de ma carrière, avec passion et détermination. Je suis prête à relever et à apprendre de chaque expérience. Je suis fière de mon travail et je m’engage à donner le meilleur de moi-même chaque jour. Dites à notre fille que nous avons grandi d’un pas», écrit Me Vanessa Tchatchou sur son compte Facebook.
C’est en août 2011 que l’avocate stagiaire se fait connaitre du public camerounais et dans des circonstances dramatiques. Agée de 17 ans à l’époque, elle donne naissance à un bébé de sexe féminin à l’Hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé où la nouvelle-née est volée. L’affaire a soulevé un tollé, et l’adolescente a grandi en continuant de réclamer sa fille, gardant l’espoir de la retrouver. Les études en droit ont été le moyen pour elle de se battre pour un monde juste. La jeune femme a obtenu un Master 2 en droit de l’homme, droit pénal international, droit national humanitaire, en 2022. Ce parcours élogieux d’une femme traumatisée par le vol du fruit de ses entrailles alors qu’elle n’était qu’adolescente, la range dans la liste des femmes inspirantes à 30 ans.
Chanelle NDENGBE
