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DES PARENTS ÔTENT LA VIE À LEURS ENFANTS EN LES PUNISSANT: COMMENT S’Y PRENDRE POUR ÉVITER LE PIRE?

Enfants décédés sous châtiment de leurs parents, des histoires tragiques de punitions parentales qui finissent par le décès des tout-petits interpellent sur les méthodes à employer pour éviter le pire.

Le 23 juin 2025 à Buéa, dans la région du Sud-Ouest, a été constaté à l’hôpital régional de la ville, le décès de la petite Shama, âgée de 7 ans. Sa maman âgée de 32 ans l’avait conduite à l’hôpital après avoir constaté qu’elle ne réagissait plus quand elle la frappait pour avoir déféqué au mauvais endroit. Shama s’en était ainsi allée suite à ce châtiment corporel, au grand malheur de sa maman, auteure de ce châtiment. Plus tôt, dans la région du Littoral, précisément à Loum, c’est une enfant de 10 ans qui a rendu l’âme après avoir été torturée par son père. La petite orpheline de mère avait été enfermée et privée de nourriture pendant trois jours, accusée du vol de la somme de 14 000 fcfa.

Ces situations ont suscité un véritable tollé et de vives inquiétudes sur les enfants à la merci des punitions parentales en cette période de vacances. Griote est allée à la rencontre des pédo-psychologues et spécialistes de l’éducation qui font la lecture de ces situations et livrent des moyens d’éviter les drames liés à la reprimande par les parents.

À chaque faute, une méthode de punition appropriée en fonction de l’âge

Marius Tchassep, pédo-psychologue est l’un de nos consultants. Le clinicien surnommé le pote des ados nous explique que la punition d’un enfant en faute est incontournable et fait partie de l’éducation tout comme la récompense. Toutefois, le parent ou l’éducateur doit bien choisir la punition qui convient à la faute et à l’âge de l’enfant. « Il faut comprendre qu’il y a plusieurs méthodes pour punir un enfant. Elles peuvent aller jusqu’au nombre de 5. Nous avons par exemple la privation. Ça veut dire que lorsqu’un enfant a fait une bêtise, on identifie parmi les choses qui le passionnent, auxquelles il est attaché et on les lui enlève pour un temps. C’est vraiment temporaire. On pourrait le priver de cela pendant deux jours, deux semaines en fonction de la faute commise », argue le psychologue pour enfants. « Et ça aussi c’est quelque chose de très important. De savoir que chaque punition doit être adaptée et proportionnelle à la faute commise par l’enfant« , insiste-t-il.

La corvée est une autre méthode mentionnée par le pédo-psychologue. « Il s’agit de donner à l’enfant des tâches supplémentaires à celles qu’il était tenu de faire », explique-t-il. Il peut donc être question pour l’enfant de faire la lessive en plus de la vaisselle, de balayer la cours en plus, de laver la voiture, ou faire des travaux champêtres.

L’isolation et l’isolation-privation

Selon sieur Tchassep, l’isolation est une méthode assez efficace chez les tout-petits. Elle peut être combinée avec la privation. On va donc dire à un enfant par exemple : « vas dans la chambre et le priver de jouets », illustre le spécialiste.

L’addition, payer le prix

Une méthode qui s’emploie généralement chez les enfants un peu plus, selon le pédo-psychologue. Cette méthode consiste à faire payer à un enfant le prix de sa bêtise par ses propres moyens. « C’est-à-dire que lorsque l’enfant a fait une bêtise, il doit contribuer à la réparation de cette bêtise, soit financièrement à travers son argent de poche, soit on le prive de quelque chose pour compenser », explique le pote des Ados.

Le châtiment corporel

Le spécialiste révèle que « Malheureusement, la méthode la plus utilisée au Cameroun est celle du châtiment corporel » . Toutefois cette méthode n’est pas adaptée à tous les âges notamment aux adolescents. « Il faut savoir que les méthodes liées au châtiment corporel peuvent être efficaces sur les moins de 10 ans, parce qu’à cet âge là, ils ont peur du fouet, de la chicotte. Mais une fois adolescents, cette méthode devient parfois inefficace dans la mesure où ils sont déjà habitués à la chicotte. Et insister avec cette méthode créé en eux une certaine résistance. ». 

La frustration, une menace pour la bonne reprimande

Dans les cas de Loum et de Buéa, les parents ont utilisé des méthodes expliquées par le psychologue pour enfants. Mais ces méthodes étaient-elles appropriées? Le parent de Loum aurait privé sa fille de 10 ans de nourriture pendant trois jours et la maman de Buéa aurait frappé sa fille de 7 ans pendant 30 minutes. En corrigeant les enfants, des parents pourraient dont faire preuve d’extremisme guidés par leurs frustrations. C’est ce qu’explique Viviane Nguimeya co-fondatrice et coordinatrice de Peace bus Association, association de protection et d’éducation des enfants.

« Il y a des parents qui subissent de grosses frustrations et ces excès de colère qui brûlent en eux à la suite de ces frustrations peuvent être déversés sur les plus faibles et les plus faibles, très souvent c’est leur environnement proche, l’environnement dont ils ont la maîtrise est généralement la maison. Soit c’est l’époux en tant que chef de famille qui a la main mise sur les autres membres de la famille, c’est-à-dire l’épouse et les enfants, soit c’est la mère qui a la maitrise sur les enfants. On vient donc à la maison déverser tout ce qu’on a subi en externe sur les plus faibles qui sont les nôtres », explique l’enseignante et éducatrice. Le fait d’agir sur l’enfant étant guidé par ses frustrations entraîne des tragédies que le parent n’a pas prévu. Il peut s’agir des blessures et dans le pire des cas des décès. À cet effet, il est important de reconnaître de passer le témoin à quelqu’un de mieux posé pour administrer à l’enfant la punition qui convient. « Je crois qu’il faut se demander à quel moment punir l’enfant. Est ce qu’il ne faut pas d’abord baisser la colère avant de confronter l’enfant ? Et si vous sentez que vous ne pouvez pas y arriver ? Pourquoi ne pas confier le problème à un tiers en qui vous avez pleinement confiance« , propose la dirigeante de Peace bus association. Selon l’expérience de dame Nguimeya, ce tiers peut-être le père des enfants ou la maman qui est sous l’effet des frustrations. Par ailleurs, l’enseignante propose aussi que les parents soient éduqués sur cette question de punition des enfants à diverses occasions.

En cette période de vacances, la sensibilisation sur la punition des enfants est plus que nécessaire pour prévenir les tragédies comme celles de Buéa et de Loum.

Chanelle NDENGBE 

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