La décision de justice rendue ce vendredi 4 juillet 2025 par la haute cour fédérale d’Abuja annule la suspension de 6 mois de la sénatrice, mais la condamne pour outrage au tribunal.
C’est un verdict à la fois chaud et froid pour la sénatrice Natasha Akpoti-Udhuaghan. Si l’élue a obtenu gain de cause au sujet de sa suspension au Sénat, elle ne s’en sort pas indemne et écope d’une amende pour avoir évoqué publiquement l’affaire malgré l’interdiction du tribunal.
La cour a jugé « excessive » la décision de la commission d’éthique du Senat suspendant pour 6 mois la sénatrice de l’Etat de Kogi, Natasha Akpoti-Udhuaghan. Aussi, a-t-elle annulé cette suspension autorisant ainsi à la parlementaire rentrer dans ses fonctions. Cependant, la sénatrice avait reçu du tribunal , l’interdiction de s’exprimer publiquement sur cette suspension. L’affaire ayant fait la une des médias nationaux et internationaux avec les déclarations de la plaignante montraient qu’elle avait bravé cette proscription de la Cour. Elle est à cet effet reconnue coupable d’outrage au tribunal et écope d’une amende de 5. 000 000 de nairas soit 1 819 699,62 francs CFA.
La sénatrice Natasha Akpoti-Udhuaghan accusé de diffamation
Si l’affaire de la suspension est close avec la victoire de la senatrice, celle de harcèlement sexuel est toujours sur la table. Le président du Sénat Godswill Akpabio contre qui elle porte ses accusations, continue de clamer son innocence. En justice, il a lancé une contre attaque en portant plainte contre sa pourfendeure pour diffamation. Suite à une violation du domicile familial de la sénatrice Akpoti-Udhuaghan le 15 avril dernier, celle-ci avait clamé que le chef du Sénat était derrière cette attaque et qu’en complicité avec Yahaya, l’ancien gouverneur de Kogi, ils essayaient de la tuer, une façon de la faire taire à jamais. Des déclarations qui ont donné le prétexte aux concernés de porter plainte pour diffamation.
Le ciel semble donc tomber sur la tête de Natasha Akpoti-Udhuaghan depuis qu’elle a désigné Godswill Akpabio comme son bourreau dans une affaire présumée de harcèlement sexuel. La suspension par la commission d’éthique du Sénat le 6 mars dernier est tombée comme une claque en pleine figure. Alors que plusieurs y voyaient une tentative de musèlement dans l’affaire de harcèlement sexuel, le commission d’éthique avait dit suspendre la Sénatrice pour « faute grave et indiscipline« . S’en est suivie une attaque à son domicile familial le 15 avril 2025 en son absence. Elle a accusé son bourreau présumé qui a retourné l’affaire contre elle avec une plainte pour diffamation.
Natasha Akpoti-Udhuaghan est face à l’histoire dans le pays le plus peuplé d’Afrique, marqué par une très faible représentation féminine au parlement, notamment au Sénat qui compte seulement 4 femmes sur 109 membres. Si des activistes des droits de l’Homme soutiennnent publiquement la sénatrice, on ne peut pas en dire autant de certaine femmes politiques, la première Dame Nigériane en l’occurrence. L’ancienne sénatrice Olureni Tinubu a laissé entendre que les accusations de harcèlement sexuel n’avaient pas lieu d’être. Car selon elle, en tant que femme « les gens vous font des compliments tout le temps ». Une position qui a alimenté la polémique au Nigeria.
Chanelle NDENGBE
