Avant de s’enfuir, le visage du bourreau a été vu par la mère de la victime pour laquelle, sauver sa fille était prioritaire.
Des personnes pleurant à chaudes larmes, assises, forment une ronde autour d’une chaise qui porte le portrait d’une femme au teint foncé. C’est la scène que nous avons trouvée à notre arrivée ce jour au lieu-dit « Entrée mosquée », au quartier Cité des palmiers, dans le 5e arrondissement de la ville de Douala, ce monde pleure Annick Linda, comptable, âgée de 41 ans, qui a été tuée dans la matinée du jeudi 23 octobre 2025 dans sa demeure.

Annick Linda, victime d’un cambriolage qui a mal tourné ou d’un meurtre prémédité ?
C’est avec une voix assez faible que la maman de la défunte parvient à répondre à notre micro, nous racontant ce qui s’est passée ce jeudi-là. Elle était sortie de bon matin comme à l’accoutumée pour se rendre à la chapelle et avait instruit à sa fille de bloquer la porte de l’intérieur, ce que cette dernière a fait en présence sa maman. Au retour de la mère vers 9h du matin, elle constate le désastre après un suspens torturant.
« Quand je suis de retour, je cogne pour qu’elle vienne débloquer la porte, elle ne répond pas, j’insiste elle ne répond pas, je cogne fort rien. Je me dis peut-être qu’elle est restée se coucher, qu’elle s’est endormie encore. Je veux passer par derrière pour cogner à la fenêtre de sa chambre. C’est là où, je vois que les casiers qui étaient alignés au mur étaient déversés. Je dis mais depuis des années que les casiers sont alignés ici, qu’est ce qui a pu renverser ça comme ça ? Je soulève ma tête, je vois quelqu’un qui est en train de sortir du plafond. Je dis monsieur, vous faites quoi dans mon plafond qu’avez-vous fait à mon enfant ? J’appelle le nom de mon enfant elle ne répond pas. Je crie bandit ! Bandit ! Puis j’attends seulement comme l’éclair, il a sauté du toit, il a encore escaladé le mur il est tombé chez le voisin où il y a une mini-cité. Dans la mini-cité, ils ont commencé à crier bandit. Je suis revenue secouer la porte jusqu’à ce que la navette qu’elle a fermé de l’intérieur s’ouvre. Dieu merci ça n’a pas traîné »,
relate-t-elle. Lorsque la maman entre, la scène qu’elle trouve est insoutenable, mais elle garde espoir.
« Je suis entrée, j’ai jeté un coup d’œil au salon, elle n’était pas là. Je cours dans sa chambre, j’ai trouvé, elle était au sol. On l’a égorgée, on l’a égorgée, c’est-à-dire, sans lui donner même la chance de survie. Son sang, elle s’était vidée complètement. J’ai regardé la blessure, ça ne saignait même plus. Les yeux moitiés ouverts. Son corps chauffait encore, je croyais qu’on pouvait encore faire quelque chose. J’ai crié les voisins sont venus, on l’a transportée à l’hôpital de la Cité ».
A l’hôpital, dame Annick Linda est transférée au bloc, loin des yeux de sa mère, mais elle ne tardera pas à apprendre la mauvaise nouvelle. Alors que la douleur torture la famille et les proches de la défunte, on se demande si elle avait reconnu son agresseur et si c’est la raison pour laquelle il l’a tuée, mais « pourquoi d’une façon aussi horrible ? », questionnent des proches que nous avons trouvés au domicile endeuillé.

Les déclarations du grand-père de la défunte à notre micro donnent lieu à des soupçons d’intention criminelle envers la comptable, en ce sens qu’il nous révèle que ce n’est pas la première attaque à son domicile. Il a appelle la police scientifique à faire son travail.
« Je suis le grand-père maternel de la fille. Je souhaite que la police scientifique fasse bien son travail, parce que ce n’est pas la première fois. Elle a d’abord eu une torture ici, la personne croyait même qu’elle était morte. Une chance qu’elle n’était pas morte. Nous on a pensé que c’était un malaise. C’est maintenant qu’on comprend que ce n’était pas ça, on voulait d’abord l’assassiner depuis. ».
Cet évènement que la famille à présent suspecte, s’était produit le 29 septembre 2025 lorsque la quadragénaire rentrait du village où s’étaient tenues les obsèques de sa grand-mère.
Au sujet du bourreau, la mère de la victime déclare avoir vu son visage et affirme que « c’est un enfant qui ne peut pas avoir 20 ans. De teint clair. Il portait un bermuda ». Ce dernier a été interpellé dans un quartier voisin selon ce que nous raconte la mère éprouvée. Au lieu-dit « Las végas », le jeune homme aurait été interpellé par la chefferie de Bloc où les téléphones qu’il avait sur lui ont été saisis, puis il a été relâché. Dans le cadre de la chasse au criminelle, la gendarmerie s’est entretenue avec le chef de bloc de Las Végas et a pu entrer en possession des téléphones qui avaient été saisis. Il en est ressorti après investigations que ces téléphones ont été dérobés sur le lieu du crime. Mais le jeune homme s’était déjà volatisé.
La comptable est la 60e femme tuée que Griote enregistre sur la liste des 61 personnes de sexe féminin arrachées à la vie depuis le début de l’année 2025 au Cameroun. Alors que la police scientifique et la gendarmerie enquêtent pour faire la lumière sur l’affaire, la famille de la défunte, sa maman en particulier, reste profondément attristée.
Chanelle NDENGBE

Merci pour le travail que vous faites Griote. Linda était une personne très aimable et simple, que j’ai eu le privilège de connaître depuis l’ESSEC. Jamais je ne l’ai vu s’énerver même lorsqu’elle était fâchée de quelqu’un. C’est difficile de digérer son départ et la cruauté de son assassinat… Hélas
Ce fut un privilège de te connaitre 2A, repose en paix.