La femme comme pilier, c’est ce qui est expliqué aux fidèles musulmans à l’occasion de la clôture du mois de jeûne de Ramadan.
Les fidèles musulmans se sont rassemblés par centaines dans des points de prière pour clôturer solennellement le mois du ramadan. Message de paix et de solidarité, mais aussi l’immensité du rôle de la femme durant le mois sacré a marqué cette journée de fête du 20 mars 2026, à l’école publique du génie militaire, site qui a accueilli un grand nombre de fidèles de l’arrondissement de Douala 3e.
C’est une belle ambiance sur le site habituel de prière de la clôture du mois du Ramadan pour les fidèles des Pk10 et les quartiers environnants. Femmes et enfants étaient nombreux sur le site et comme habituellement, les personnes de sexe féminin étaient assez éloignées du pupitre devant lequel les hommes étaient rangés. Ce nouveau constat suscite des interrogations sur le rôle des femmes pendant ce mois sacré. Une question que Griote a posé au dirigeant de la prière, Mohammed Bachir Ladan, fils et représentant de l’Imam de la localité. Selon le fils du chef religieux, la place de la femme est exceptionnelle dans l’Islam en général et particulièrement lors du mois du Ramadan.
« La femme tout d’abord un rôle primordial. Il faut rappeler que c’est cette dame qui se réveille avant tout le monde pendant le mois du Ramadan pour préparer de quoi manger avant de commencer le jeûne. C’est très souvent aussi la dernière à se coucher parce qu’elle doit s’assurer que quand on a fini de bien manger, tout soit en ordre avant d’aller se coucher. L’Islam a placé la femme à une position exceptionnelle. La femme est tellement précieuse dans l’Islam qu’on ne la frotte pas à n’importe qui…Vous savez pendant les périodes normales, la femme quand elle est en période de menstrues, elle ne vient pas où il y à la prière, elle se retire, mais pour un grand jour comme celui-ci, elle est autorisée parce Dieu lui-même reconnait son rôle. Tout ce qu’elle a pu jouer comme rôle pendant ce mois »,
a révélé sieur Mohammed Bachir.

A la suite de la prière, les fidèles ont écouté le sermon, le message sacré lu dans sa version arabe et française par sieur Mohammed Bachir Ladan. Ce message invite particulièrement les fidèles à la piété, à la solidarité et au vivre ensemble. En général, le sermon est un plaidoyer pour la résolution pacifique des conflits.
« Nous avons dit dans le sermon que nous souhaitons que le dialogue soit l’unique voie par laquelle les Camerounais peuvent régler tous leurs différends. Nous avons demandé à Allah de faire en sorte que tout ce qu’on a pu apprendre pendant les 30 jours de jeûne soit un nouveau modèle pour que nous puissions avancer pleinement avec nos frères et sœurs qu’ils soient musulmans ou pas. Le Cameroun est pays laïque et sa diversité culturelle c’est notre plus grande richesse. Voilà le musulman doit continuer de se comporter comme l’un des premiers, sinon le pilier de la paix, ici dans notre pays le Cameroun »,
argue le dirigeant de la prière, sieur Mohammed Bachir.

L’édition 2026 de la célébration de l’Aïd-El-Fitr est particulière en raison de la coïncidence du carême musulman et celui du carême catholique. Pour sieur Mohammed Bachir, c’est le signe que quelque chose de merveilleuse se produira. « Vous savez Dieu ne fait rien au hasard. Quand il nous permet de préparer le jeûne au même moment que le carême de nos frères chrétiens, certainement c’est parce que quelque chose de merveilleux se prépare dans le monde ».
Chanelle NDENGBE
