Les obsèques d’Anicet Ekane ont débuté le mercredi 06 mai 2026 à Douala dans une atmosphère qui délie les langues dans la classe politique féminine.
Comme le prévoyait le programme des obsèques, la soirée culturelle, deuxième étape des derniers hommages à Anicet Ekane s’est tenue le jeudi 07 mai à la salle des fêtes d’Akwa à Douala. L’absence de certains visages de l’opposition a été remarquée tandis que la présence d’autres personnalités est devenue l’objet de lynchage virtuel.
La division a été remarquée au sein même de sa famille. De même que huit frères du défunt sur onze se sont retirés des obsèques en soutien à la veuve qui n’avait pas obtenu gain de cause en justice, face aux fils de son défunt époux, au sujet de la conduite desdites obsèques.
Le Manidem et le MRC de Maurice Kamto ont également boycotté le voyage ultime de leur camarade. Ces politiciens disent s’insurger contre le non-respect des dernières volontés d’Anicet Ekane. Ce camp dénonce une mainmise du régime, qu’il considère comme la « seconde mort d’Anicet Ekane ».
Cependant, Rebecca Enonchong qui est l’une des opposantes au régime du Président Paul Biya et alliée d’Anicet Ekane, a assumé sa présence aux obsèques, et s’est expliquée face à ce qu’elle appelle la « mauvaise foi de certains acteurs ». Pour elle, le fils Ekane qui organise ses obsèques est à sa place.
« J’ai bien connu Anicet. J’ai travaillé avec lui au sein de l’Union pour le changement 2025. Je connais aussi Muna Ekane, son fils aîné. Et la façon dont je le connais à son importance ici.
Je suis Ambassadrice de l’Union pour le Changement 2025. Après son arrestation le 24 octobre 2025, Anicet a personnellement désigné Muna pour le représenter parmi nous. Du vivant de son père, et avec son entière approbation, c’est bien Muna Ekane qui signait déjà nos communiqués. Muna n’est pas seulement l’héritier biologique d’Anicet, il est aussi le dépositaire de son combat politique »,
a écrit l’une des entrepreneures les plus influentes d’Afrique sur ses pages digitales.

Remarquée à ces obsèques et face aux polémiques autour d’une présumée trahison de Djeukam Tchameni encore incarcéré, Me Alice Nkom, a pris la parole et dénonce une « déchéance morale » dans la classe politique.
« Je me tiens résolument du côté de l’union, de toutes les unions, sans condition ni exception car l’unité est le socle de notre destin national. Mais l’unité ne peut s’accorder avec l’infamie. Cessez de salir.
Est-ce là votre seule vision du Cameroun ? Une arène de boue où l’on s’entre-déchire au lieu de bâtir ? Cette sombre politique politicienne, née des réflexes de la dictature, n’a plus sa place chez nous. Vous avez toutes et tous un devoir de responsabilité pour le changement. Si vous cédez à la division, ce sont toujours les mêmes qui gagnent et ceux-là ne vous souhaitent pas de bien. »,
indique de la porte-parole d’Issa Tchiroma en légende sur une vidéo montrant la femme de Djeukam Tchameni lisant pour son époux, une lettre de soutien et de conciliation aux obsèques d’Anicet Ekane.
Pour Alice Sadio, c’est l’échec collectif d’une opposition qui s’exprime via les obsèques d’Anicet Ekane.
« Une chose est d’organiser le « boycott » des hommages dus au martyr Georges Anicet Ekane.(…)Politiquement parlant, on en engrange quoi exactement ? Existentiellement parlant, Est-ce qu’on abandonne un mort au motif qu’une partie de sa famille aurait fauté ? Nous croyons concrètement que nous sommes en train de faire quoi exactement à Anicet Ekane? Une opposition RESPONSABLE aurait procédé autrement… »,
a réagi l’ex présidente de l’Alliances des Forces Progressistes (AFP).
Anicet Ekane a été inhumé le samedi 09 mai à Bomono, dans le département du Moungo, région du Littoral, six mois après son décès en détention, des obsèques sous tensions et discorde face à un homme qui a œuvré pour le changement au prix de sa liberté.
Chanelle NDENGBE
