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FÉMINICIDE PRÉSUMÉ À EMANA : UN HOMME DÉPOSE LE CADAVRE DE SA FEMME À L’HÔPITAL ET DISPARAIT

La famille en pleurs et en colère après la découverte du corps de sa fille portant des marques de sévices a fait l’objet d’attention au sein de l’hôpital.

Des soupçons de féminicide entourent le décès d’une institutrice survenu ce mardi 8 septembre à Yaoundé, au regard de l’état de sa dépouille et des événements qui ont précédé et suivi son décès.

Chea Géraldine, 30 ans, a été transportée d’Emana pour l’hôpital de Messassi à bord d’une moto, accompagnée par son conjoint, le nommé Amambua Manfred. Mais à son arrivée à la formation sanitaire, l’institutrice a été déclarée morte. La dépouille laissant voir des traces de violence, la police et la gendarmerie ont été alertées des questions sans réponse convaincantes pour les proches.

« Il me dit : « Je suis ici au dispensaire. Ta petite sœur est morte. » C’est comme ça que je déclenche les pleurs… J’arrive, je trouve ma petite sœur couchée à la morgue. Quand je soulève les draps sur elle, je vois que c’est la violence. Je vois qu’on l’a tapée. Elle a des blessures à la bouche et ici (à la joue). Je lui ai posé la question : « Monsieur, c’est quoi ça sur ma petite sœur ? Il se peut qu’elle ait reçu une bastonnade. » Il me répond que c’est comme ça qu’elle est rentrée à la maison hier. Je dis que jamais »,

témoigne la sœur aînée de la défunte. Par ailleurs, les événements de la veille sont chargés d’intrigues.

« Hier aux environs de 23 h, j’ai entendu des cris chez ma voisine. Je suis allé toquer à sa porte. Son mari m’a fait comprendre que tout allait bien. J’ai insisté pour qu’il ouvre la porte. Je lui ai dit que je devais casser la porte. Il est donc venu ouvrir. Quand il a ouvert la porte, j’ai voulu entrer, il m’a dit de patienter, que c’est ma femme qui peut entrer. Quand ma femme est entrée, la défunte en question a dit à ma femme que ça allait. Le matin, je m’apprête à aller au travail, c’est le monsieur lui-même qui m’a appelé. Il me demande de venir. Quand je viens, je vois la femme couchée, la tête penchée. Elle est couchée sur le lit, sa tête était penchée dans un seau, elle tente de vomir. Je suis sorti appeler une moto. Je l’ai moi-même portée, on l’a mise sur la moto. Son mari s’est avancé à l’hôpital avec sa femme »,

relate un voisin.

Amambua Manfred et Géraldine sont mariés sur le plan coutumier depuis deux mois seulement, après une relation d’un an. L’homme réputé violent n’était pas accepté de la famille de la défunte, car il revêt une réputation d’une personne violente et peu honnête, nous confie une source. D’ailleurs dans une précédente relation, sa compagne serait partie à la suite d’une fausse couche survenue après des actes de violences.  L’homme a pris la poudre d’escampette, il est activement recherché.

Des cœurs sont à nouveau meurtris pour ce qui se présente comme un féminicide présumé, alors que les sensibilisations et l’activisme se poursuivent sur le territoire national pour stopper la saignée.

Chanelle NDENGBE

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