Ces chiffres inquiétants ont été enregistrés entre mars et juin 2020.
Georges Magoha, ministre de l’éducation estime que les sites pornographiques sont aussi à l’origine de ce fléau social.
Suite à la fermeture des écoles, due au coronavirus, le taux de grossesses précoces ou non désirées a drastiquement augmenté. Environ 4000 jeunes filles du seul comté de Machakos âgées entre 12 et 18 ans sont tombées enceintes en l’espace de 4 mois, d’après des statistiques recueillies auprès des hôpitaux de la région.
Selon Salome Muthama, la responsable du département enfance du comté de Machakos, les rapports sexuels non protégés, les viols, la prostitution, ont contribué à ce boom de grossesses chez les adolescentes. «La vie de ces jeunes filles est détruite. La moitié d’entre elles vont probablement se marier au plus vite, encore mineure, la plupart ne retournera pas à l’école et elles vont devoir commencer à travailler si jeune. C’est une vie de misère qui les attend», déplore Salome Muthama
Cette dernière dit avoir constaté qu’à la fermeture des écoles suite au coronavirus, les parents ont renvoyé les enfants dans les villages pour bien profiter de leur temps de travail : «les parents confient leurs enfants à des proches dans leur village, à leurs grands-parents par exemple, avant de retourner en ville. Une fois partis, ils ne savent pas ce qui se passe et ne prennent plus de nouvelles de leurs enfants. Ces enfants sont livrés à eux-mêmes sans que personne ne prenne soin d’eux», a expliqué la responsable du département enfance du comté de Machakos, situé non loin de la Nairobi.

Face à cette recrudescence du nombre de grossesse chez les jeunes filles, le ministre de l’éducation a appelé à l’interdiction des sites pornographiques dans le pays, estimant qu’il s’agit des moyens qui exacerbent ce phénomène.
«Ces filles, c’est-à-dire nos filles et nos petites-filles, tombent enceintes comme si nous ne faisions que penser au sexe. Je vais demander au gouvernement que l’on bloque l’accès à la pornographie dans ce pays. Je pense que c’est une décision sage et appropriée. D’ailleurs, pourquoi ces sites pornographiques sont-ils accessibles au Kenya ? Qui en a besoin ? Ne me dites pas que parce qu’aux États-Unis, les gens y ont accès, on devrait y avoir accès ici. Beaucoup de pays ont bloqué ces sites et leur culture n’en est que meilleure», soutient le ministre Georges Magoha.
Rappelons que le gouvernement Kenyan a refermé les écoles juste quelques semaines après leur réouverture suite à la montée des cas de coronavirus. L’année scolaire a été décrétée «perdue» pour les écoliers en raison de la pandémie de la covid 19 et d’après un communiqué du ministre Georges Magoha du 6 juillet dernier, ce n’est qu’en janvier 2021 que les élèves reprendront le chemin de l’école.
Rachèle KANOU
