C’est dans le cadre du projet sur le réarmement moral lancé l’année dernière dans la ville de Kribi que s’est poursuivie la sensibilisation cette année à Bandjoun dans la région de l’Ouest.
300 élèves étaient réunis pour la circonstance au lycée de Bandjoun le 17 avril 2024, afin d’écouter les spécialistes réunis pour la circonstance. Le sieur Kouokam de la délégation départementale des enseignements secondaires pour le Koung-Khi a dressé le tableau des violences en milieu scolaire, suivi du Dr Yoyo Ngogang qui a expliqué les effets d’internet sur la santé des enfants, Clarence Yongo a indiqué les tips pour aider les enfants à éviter les pièges du cyberespace et le psychologue Marius Tchassep a montré comment améliorer la relation Parents-enfants à l’ère du numérique.

La délinquance et la déperdition en milieu scolaire sont exacerbées avec l’usage inapproprié d’internet
Le sieur Kouokam de la délégation départementale des enseignements secondaires du Koung-Khi a fait un inventaire non exhaustif de ce qui est observé au sein des écoles. Le phénomène de porte-monnaie magique, les charters sexuels, le proxénétisme avec pour tête de file des élèves, la consommation des stupéfiants entre autres. Ces différents éléments contribuent à accroître la délinquance en milieu scolaire car des groupes sont créés soit sur WhatsApp ou sur d’autres réseaux sociaux pour recruter de nouvelles proies.
D’ailleurs des démonstrations de pratiques de sexe en groupe sont faites sur l’espace cybernétique, tout comme l’apprentissage de la consommation des stupéfiants et dame Clarence Yongo interpellait donc les élèves lors de la sensibilisation « si vous êtes introduits dans ces groupes, sortez, vous n’avez rien à faire la dedans, pensez plutôt à votre avenir, au grand monsieur ou à la grande dame que vous souhaitez devenir« , martelait-elle.
Il faut aussi observer que 82% d’enfants font face aux contenus illicites en ligne, dont 8325 images et photos sexuellement explicites d’enfants de moins de 18 ans sur le cyberespace camerounais selon le National Centre of exploited Children, ONG américaine. La délinquance en milieu scolaire prend de plus en plus racine sur le web et le non encadrement de l’intelligence artificielle ouvre la voie à l’intensification des maux observés. Plusieurs élèves ont d’ailleurs reconnu qu’ils utilisent des logiciels pour effectuer leurs devoirs car cela leur facilite la vie. Une situation qui pose le problème de la sensibilisation et la régulation.

Les conséquences sur le plan de la santé
Hormis les conséquences psychologiques telles que l’angoisse, l’anxiété, la déconcentration en milieu scolaire, la paresse, la descolarisation, il faut noter l’impact sur la santé physique des élèves tel que l’a étayé Dr Yoyo Ngongang. Car partir de la concentration accrue des yeux sur son smartphone jusqu’à la réaction du cerveau, la pression du cœur, le relais de l’estomac qui gonfle, c’est donc dire que les élèves doivent se discipliner sur le temps d’usage du téléphone pour avoir de bons résultats scolaires, car « pendant les cours le cerveau capte 70% des explications« , l’a fait savoir le médecin.
Cette discipline passe par le sevrage à l’addiction comme l’a expliqué le psychologue Marius Tchassep, parce que la présence constante sur internet avec la facilité que semble offrir l’intelligence artificielle accentue le potentiel addictogene. Du coup les enfants y passent le clair de leur temps sans le savoir, certains ont affirmé que les moments passés sur internet sont « incomptables« , surtout que dans les maisons aujourd’hui « il y a deux fois plus d’écrans que d’individus« , fait observer le psychologue.
On risque donc faire face dans quelques années à des individus qui perdent rapidement le contrôle de soi car étant dans le système du « comportement de consommateur ».

L’autorégulation pour une concentration scolaire des élèves…
Les sensibilisations dans les établissements scolaires visent pour IHS qui a pour support technique Griote à se rapprocher des élèves via « une campagne de proximité au sein des établissements scolaires afin de fédérer autour de la thématique tous les acteurs et toucher la cible que sont les jeunes », le déclarait dame Barbara Melem de IHS. Car de nombreux élèves sont ignorants des risques auxquels ils s’exposent et la présence des spécialistes leur permet de prendre la mesure de la situation. Via cette sensibilisation sous la coordination de la délégation départementale des enseignements secondaires pour le Koung-Khi, les responsables se sont dits satisfaits car il s’agit « des actions pour amener les uns et les autres à avoir des comportements propres, dans leur environnement, dans leurs méthodes de travail, dans leur manière d’être. », comme le relevait le sieur Bopda Laurent, le délégué.
Les élèves ont montré également leur engouement et reconnaissance pour cet échange interactif à travers plusieurs jeunes qui, à la fin de la séance ont manifesté leur gratitude. « Merci beaucoup pour ces informations », « On veut encore écouter » sont entre autres des réactions captées. Le hashtag #StopCyberviolence leur a été communiqué pour vulgarisation afin que leurs comportements soient sains sur le cyberespace camerounais.
Chantal Mveng

