Dans leurs domiciles qui baignent dans de l’eau, les riverains expriment le sentiment d’une punition.
A Bonabéri, 4e arrondissement de la ville de Douala, c’est un bien triste spectacle qu’on observe ce matin du 17 juillet au quartier Grand Hangar. Près du marché, l’accès intérieur du quartier est une entreprise difficile tant pour les piétons que pour les automobilistes. Les eaux des pluies stockées à l’entrée de l’école publique créent une étendue assez importante du point de vue de la longueur et de la largeur. Lorsqu’après mille aléas on réussit à traverser l’étendue d’eau, on découvre aux blocs 6 et 7 de ce quartier, des maisons inondées, au point où les tout-petits se livrent à la nage avant d’être réprimandés par leurs parents et aînés. C’est une situation bien délicate pour plusieurs femmes qui répondent au micro de Griote.

Chez Jeannine, obligation de lit en étage
L’aînée de la famille rapporte que tout le monde se met à la tâche pour faire face aux inondations.
« Les tâches varient, mais généralement, avec mes sœurs, on puise l’eau qui envahit la cour pour verser à l’extérieur. Quand il y a vraiment beaucoup d’eau mes frères créent une rigole où cette eau va passer, ça fait que petit à petit l’eau tarit »,
confie Jeannine qui explique aussi que la violence de la pluie n’encourage pas, mais des dispositions ont été prises pour permettre à la famille de dormir pendant qu’il pleut.
« Quand il pleut très fort, maman n’aime pas qu’on verse l’eau, on reste à l’intérieur. L’année dernière on a fait tous nos lits en étage, donc maintenant on peut dormir sans se mouiller »,
révèle-t-elle.
Le sommeil est pénible chez Laure qui doit réparer les dégâts des pluies
Laure, la quarantaine vit dans un studio au bloc 6, dans un coin réputé marécageux. Malgré les dispositions prises, la situation en cette saison de pluies reste pénible pour elle en ce sens qu’elle n’arrive pas à se reposer suffisamment.
« Vraiment je suis déjà fatiguée. Je n’ai juste pas de choix. Quand il pleut comme ça, normalement tu as envie de dormir, mais ici chez moi tu ne peux pas. Il suffit de penser à l’eau que tu vas devoir verser, trouver des méthodes pour ne pas dormir dans l’eau. C’est difficile, mais pour le moment je n’ai pas choix »,
confie la riveraine.

Le désordre urbain, un facteur des inondations
Dans la zone des habitations inondées se trouvent une rigole bondée de bouteilles plastiques. Pour Laure, notre interlocutrice, les bouteilles plastiques enfouies dans cette rigole ont une grande responsabilité dans les inondations.
« Cette rigole est même comme un drain. C’est là-bas que l’eau devait se déverser, mais les bouteilles qu’on y verse abondamment empêche. Les jeunes du quartier ont essayé de vider la rigole des bouteilles il y a quelques temps, mais présentement il y a encore les bouteilles »,
rapporte tristement la riveraine.
Drainage et remblaiement des terres, sollicitations des riverains
Au regard des limites de leurs dispositions pour remédier aux dégâts causés par les pluies, des riverains proposent de créer des drains. Selon des anciens du quartier, il y en avait avant, mais ils ont été fermés entrainant des inondations à la moindre pluie.
« Avant il y avait des drains, ce n’était pas ainsi, maintenant qu’on a fermé, petite pluie, les maisons sont inondées. Donc vraiment, ce qui peut nous sortir de cette situation c’est la construction de plusieurs drains dans les environs, pour que l’eau des pluies s’y verse »,
explique un riverain. Ce dernier parle également du remblaiement des terres. C’est une technique de terrassement utilisée en génie civil pour plusieurs raisons dont la réduction du risque d’inondations.
Dans plusieurs autres quartiers de la ville de Douala, les populations sont confrontées aux mêmes problèmes. Les responsabilités sont ainsi partagées au sujet de cette situation chaotique tant pour les ménages que pour des commerçants qui exercent en bordure de route et se retrouvent coincés par les inondations. Les populations du Grand Hangar lancent surtout un cri à l’Etat pour la construction des drains et le remblaiement des terres afin qu’elles puissent sortir du calvaire des inondations.
Chanelle NDENGBE
