Les questions se posent autour du brusque décès de l’adolescente, des soupçons de suicide et d’avortement se soulèvent à la suite de certaines révélations.
Les débats sur la mort brusque d’une jeune fille de 18 ans sont au cœur des conversations dans la zone appelée Mambanda, au quartier Bonabéri, dans le 4e arrondissement de la ville de Douala. Elle a trépassé le soir du lundi 22 décembre 2025 après un malaise instantané.
Suzie, c’est ainsi que s’appelait la jeune fille dont on parle désormais au passé. Elève en classe de Form V au collège Emergence et maman d’un nourrisson de 8 mois, habitait non loin de son établissement scolaire avec sa famille. A son domicile où Griote s’est rendue ce jour, nous avons trouvé une jeune fille avec des nourrissons. Nous apprenons que les membres des familles ont pris la route pour leur village à Dschang afin d’enterrer Suzie, seulement quelques heures après la prononciation de son décès. La famille respecte-là une consigne traditionnelle selon laquelle, on ne tarde pas à inhumer une personne morte dans des circonstances troubles. Que s’est-il donc passé ?
La sœur aînée de la défunte raconte que Suzie se portait bien toute la journée de lundi, jusqu’à ce qu’elle se réveille après une sieste de l’après-midi. Sa mine a changé tout d’un coup. « On a lavé les habits ci ensemble hier, on a mangé. Après, c’est même elle qui a réchauffé la nourriture. Elle n’avait rien, elle allait très bien. Elle s’est reposée, vers 17h comme ça, on a enlevé les habits sur le gazon. C’est là qu’elle commence à dire qu’elle ne sent pas son corps. On dit que mais tu ne sens pas ton corps comment ? Tu as mangé quelque chose ? Elle dit non. On l’a amenée ici à petit Bonassama, directement, on la transfère à l’hôpital même de Bonassama. C’est où, après on nous appelle qu’elle est partie », relate la sœur aînée à notre micro.
La sœur de la défunte confirme certaines informations données par le voisinage, notamment que Suzie avait un enfant âgé de 8 mois. Il s’avère que la jeune fille était à nouveau enceinte. De quelques semaines, selon ce qui se dit dans le quartier. Mais sa sœur dit avoir entendu cette nouvelle le jour même du décès de Suzie. « C’est quand son corps était couché ici là que j’ai même appris qu’elle était enceinte. Moi sa sœur, elle ne m’en a jamais parlé. Donc c’est aussi hier que j’ai entendu dire ça », nous révèle-t-elle.
Dans le quartier, il se dit aussi que Suzie aurait pu se donner la mort où qu’elle aurait été victime des séquelles d’une interruption volontaire de grossesse. Cette information part de l’exploitation de la messagerie du compagnon de Suzie, un jeune homme qui a environ le même âge qu’elle et qui se fait appeler « Manuel », père de son enfant. Selon cette messagerie dévoilée par une amie commune à Suzie et Manuel, mais dont nous n’avons pas pu avoir copie, la défunte révélait ses intentions de commettre un acte répréhensible et Manuel tentait en vain de la dissuader. Dans ces messages aussi, elle aurait fait une demande interpellatrice. « Elle a dit au gars de prendre soin de leur enfant, qu’il dise aussi à sa mère (mère de Suzie) de prendre soin de l’enfant, un peu comme si elle ne serait plus là », révèle une voisine qui dit avoir lu les messages échangés entre les deux jeunes. Nous nous sommes rendus au domicile de Manuel pour avoir des clarifications sur ce qui se dit, mais le jeune homme, voisin du domicile de sa compagne n’était pas chez lui. Selon certains voisins, il craint de rester dans le quartier depuis l’annonce du décès de la mère de son enfant. Ainsi, avortement ayant mal tourné ou suicide sont les hypothèses évoquées à Mambanda pour expliquer le décès de la jeune maman. Officiellement, l’affaire est toujours non élucidée et la descente de la police sur les lieux laisse penser à l’ouverture d’une enquête.
Le décès de l’élève de Form V relance le débat sur l’encadrement des adolescents et l’attention accordée à ces derniers. Plusieurs pensent que la jeune fille a succombé à une forte pression. Suzie devrait déjà avoir été inhumée dans son village situé à Dschang, dans la région de l’Ouest, laissant sa famille dévastée.
Chanelle NDENGBE
