Elles sont en tête de liste des membres du nouveau gouvernement, Anne Désirée Ouloto-Lamizaina et Nialé Kaba sont ministres d’Etat en Côte-d’Ivoire.
Le tout premier gouvernement formé sous le 4e mandat d’Alassane Ouattara est connu depuis le vendredi 23 juin 2026. La liste dévoile 35 membres dont en tête le chef du gouvernement, Robert Beugré Mambé, son vice et cousin du Président Tene Birahima Ouattara et les deux ministres d’Etat essentiellement des femmes, dont l’élévation à ce rang protocolaire pourrait témoigner d’une expertise et d’un dynamisme.
Qui sont donc les nouvelles ministres d’Etat de la Côte d’Ivoire ?

Niale Kaba, la ministre d’Etat, une pionnière
Dans la constitution du nouveau gouvernement, Nialé Kaba a été mutée du poste de ministre du plan et du développement à celui de ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale en plus d’être élevée au rang de ministre d’Etat. C’est une économiste formée notamment à l’université d’Abidjan-Cocody, en Côte d’Ivoire, à l’école nationale de la statistique et de l’administration (ENSAE) de Paris et à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbone. Des formations sanctionnées respectivement par les diplômes de maîtrise en sciences économiques, diplôme d’ingénieur statisticien économiste, celui d’études approfondies (DEA) en économie internationale et économie du développement. L’institut du FMI l’a également eu en son sein. Elle y a obtenu un diplôme en gestion des politiques.
Son expertise dans le secteur de l’économie est mise à la disposition de la Côte d’Ivoire depuis près de trois décennies notamment en tant qu’enseignante et au sein des départements ministériels. Elle fait ses premiers pas de carrière en dispensant des cours de macroéconomie, d’économie internationale et de statistique à l’ENSAE d’Abidjan entre les années 1980 et le début des années 1990. Entre 1991 et 2005, elle travaille d’abord à la primature sur les questions fiscales et budgétaires, puis intègre les départements ministériels où elle apporte son expertise et se voit confier de grandes responsabilités. Elle a occupé plusieurs postes au sein de ces départements dont ceux de chef de cabinet du Premier ministre et directeur de cabinet du ministre de l’artisanat et de l’encadrement du secteur informel.
C’est en 2011 qu’elle fait son entrée dans le gouvernement ivoirien avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara. Le ministère de la promotion du logement est le premier qu’elle dirige avant de devenir en 2012, la première femme ministre de l’économie et des finances en Côte d’Ivoire. Sa mandature à ce poste (2012-2016) a fortement et favorablement impacté la Côte d’Ivoire, relevant le pays de la crise économique qui avait suivi les troubles liés à l’élection présidentielle de 2010. L’impact bénéfique de ses actions novatrices et ses réformes économiques lui ont valu la reconnaissance du chef de l’Etat comme « une économiste de première classe ». Elle a été maintenue au gouvernement lors du remaniement de 2016, mutée au poste de ministre du plan et du développement. Une fonction également marquée par des performances qui ont contribué à l’élévation de la ministre au rang de ministre d’Etat en janvier 2026. Négociatrice efficace, gouverneure pour la Côte d’ivoire à la Bad prend également les rênes du ministère des affaires étrangères. La ministre ivoirienne a été classée en décembre 2025, dans le top 7 des femmes qui ont marqué l’Afrique en cette année-là.

Anne Désirée Ouloto, l’institutrice devenue ministre d’Etat
L’originaire de la région du Cavally est une femme politique dont le parcours a été perturbé dans sa jeunesse, mais qui est aujourd’hui élogieux grâce à son courage et à sa témérité. Après l’obtention de son baccalauréat littéraire, elle débute des cours de droit à l’université Félix-Houphouet-Boigny, mais elle est contrainte d’abandonner pendant la crise estudiantine de 1990. Elle se tourne vers l’enseignement et devient institutrice. De 2000 à 2005, elle a occupé un poste d’assistante juridique à l’autorité nationale de régulation du secteur de l’électricité (ANARE), selon e-Femme.
C’est dans les années 2000 que l’institutrice aurait commencé à s’intéresser à la politique. Elle est une militante remarquée du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) en 2006, année au cours de laquelle est chargé d’études, puis chef de cabinet au ministère de l’enseignement supérieur. Elle se fait connaitre par le plus grand nombre lors de la crise post-présidentielle (2010-2011), dans ses fonctions de porte-parole du Président Ouattara. Elle a été plusieurs fois élue députée du Cavally et y a laissé sa marque avant de devenir ministre. Elle est nommée ministre de la salubrité en 2011 et après un an passé au poste, elle devient chargée du ministère de la famille, de la femme et de l’enfant. En 2023, Anne Désirée Ouloto est nommée ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration. La femme politique de 59 ans conserve le poste lors du remaniement de janvier 2026 en étant propulsée au rang de ministre d’Etat.
Chanelle NDENGBE
