Elle saignait abondamment, mais elle a pu révéler l’identité de l’assassin avant de s’éteindre, une révélation qui choque et suscite des interrogations chez plusieurs sur les raisons de ce meurtre visiblement prémédité.
Au quartier Makepe à Douala, le week-end pascal a été troublé par ce tragique incident au domicile de la famille Eyango, célèbre notamment par l’illustration de ses fils dans la culture Camerounaise. Dame Cathérine Nyake Ebongue épse Eyango a été poignardée avec un autre homme, elle a succombé à l’hôpital après avoir révélé l’identité de son bourreau.
Ce n’était pas un cambriolage
Mais pourquoi le gardien s’en est-il pris aussi violemment à sa patronne ? Etait-ce un cambriolage manqué ?« Non ce n’était pas le cambriolage. C’est le gardien. Le propre gardien de la maison. Elle m’a dit que c’est le gardien qui est entré avec les gens pour la poignarder. C’est ce qu’elle m’a dit dans la voiture », c’est avec les yeux remplis de larmes, que témoigne un personnel de la maison.
Suite au drame qui est survenu la nuit du 03 avril 2026 au quartier Makepe, la famille Eyango est toujours sous le choc. Sur les lieux, des amies pleurent, des proches s’exclament. C’est une employée de maison qui trouve la force de faire le récit des évènements tragiques. Après avoir terminé son service ce vendredi-là, elle rentre chez elle. Mais quelques heures plus tard, elle reçoit un appel inquiétant.
« Vendredi je suis rentrée vers 17h. Quand j’étais chez moi, il était 20h 22, mon téléphone sonne. C’est le voisin, le locataire de la maman. Il m’appelle qu’Ariette tu es où ? On a poignardé ta mère ici. Viens vite. Je suis sortie de la maison comme une folle. Je courais en route comme une folle. Arrivée je l’ai trouvée couchée là devant le portillon. La police était là. On avait déjà trouvé un personnel qui entrait avec la voiture pour l’amener à l’hôpital. Je suis entrée directement dans le véhicule. Elle parlait encore bien. Elle m’a dit Ariette : c’est le gardien, c’est le gardien qui est entré avec les gens pour me poignarder. Dans la voiture on parlait comme ça. Elle dit Ariette : tu leur dis là-bas que nous sommes diabétiques. J’ai dit que oui ma’a j’ai compris. Elle dit que c’est le gardien. J’ai dit que ma’a ne parle plus tu vas te fatiguer. Elle parlait bien avant d’arriver aux urgences. Je ne sais pas ce qui s’est passé aux urgences… On a commencé à intervenir pour le père. Elle est entrée au bloc il était déjà une heure comme ça »,
relate dame Mafeutsop Ariette. La sœur du défunt artiste Kotto Bass a ainsi été grièvement poignardée au niveau de l’abdomen par son gardien dont le prénom est Gaston, près d’elle, le « père » de la maison a subi le même sort. Mais au regard des blessures, c’est la patronne des lieux qui était ciblée. « Vraiment quand on regarde le cas de la mère physiquement comme ça ce n’était pas ça. C’est elle qu’ils sont venus chercher. La personne qui l’a poignardée avait vraiment mis ça… Donc son cas n’est pas ce que vous pensez-là », fait savoir l’employée.
Dame Eyango passe plus de quatre heures au bloc opératoire selon sa dame de ménage. Son décès est déclaré dans la journée du samedi 04 avril 2026. « Elle est sortie du bloc, il était déjà presque 5h. Je suis rentrée à la maison. On ne pouvait pas entrer parce qu’elle était en réanimation. On a dit que c’est jusqu’à 12h qu’on va nous laisser entrer. J’ai donc porté tous les effets, les habits qu’on a emballé le père avec. Je suis venue déposer et retourner à l’hôpital. Ils m’ont refusé l’entrée à l’hôpital général. Je reste seulement dehors on vient me dire qu’elle est déjà morte », informe l’employée en larmes.

La gentillesse de la défunte est vantée ce qui amène ses proches à ne pas comprendre pourquoi le gardien s’en est pris à elle. Dame Mafeutsop révèle néanmoins des tensions survenues entre la défunte et son bourreau à la veille du crime.
« Je ne sais pas ce qui a pris le gars-là. La mère a mangé jeudi ici avec le gars-là. Je ne sais pas pourquoi il lui a fait ça. C’est sa gentillesse qui l’entraine dans la tombe. Gentille avec le gars-là. On lui donne la nourriture, on lui donne le pain, il mange le matin avant de partir. Lle soir je donne sa nourriture avant de partir. Le jeudi-là ils ont mangé à la table ici sur la terrasse ensemble. Je n’ai même pas regardé le gars-là comme ça qu’il avait un problème. Sauf le jeudi soir parce qu’il travaille seulement la nuit. Il a fermé, il est parti avec les clés. Je suis arrivée vendredi matin. C’est là où la mère me dit qu’elle est fâchée contre Gaston jusqu’à elle ne lui a pas donné la nourriture. Elle lui a dit de partir de partir ».
Est-ce la raison pour laquelle le suspect a mis fin aux jours de sa patronne ? Pour le moment une enquête est en cours pour retrouver le présumé assassin et ses complices et faire la lumière sur les mobiles.
Chanelle NDENGBE
