La fête de la Tabaski est l’un des grands événements heureux de la communauté musulmane, un moment pendant lequel les fidèles musulmanes se distinguent par le henné.
Les fidèles musulmans sont apprêtés à l’occasion de la fête du Mouton. Les filles et femmes se démarquent surtout par le port du henné aux pieds comme aux mains, mais il peut être aussi l’objet de confusion qui met les fidèles dans des situations embarrassantes.

Le henné sur les pieds: révélateur du statut de la femme
Généralement, c’est une marque d’élégance de beauté, un moyen même de compétition entre fidèles pour révéler le plus beau dessin. Il serait aussi un élément pour se protéger contre le mauvais oeil et la jalousie, selon des confidences de certains fidèles au micro de Griote. Ils pensent d’ailleurs que le henné porte chance à celles qui en appliquent. Mais porté sur les pieds, le henné renvoie un message selon l’espace géographique.
Fadimatou Mohamadou, activiste pour la promotion féminine et l’éducation de la jeune fille, a révélé :
« La perception du henné au pied dépend de l’endroit où l’on se trouve… À Maroua, Garoua ou à Ngaoundéré, toute femme mariée ou célibataire, est appelée à faire le henné lord des évènements heureux… Mais ailleurs, notamment dans le logone et Chari ou au Tchad, les perceptions sont différentes. Le henné au pied est réservé aux femmes mariées, et une femme célibataire qui le porte peut être mal comprise ».
La jeune communicatrice a raconté son expérience qui rend compte de la complexité des traditions autour du henné.
« Je me souviens d’une expérience qui m’a beaucoup marquée en 2019, lorsque je célébrais la fête… en famille à Kousseri. Toute innocente, j’étais habillée de mes deux pagnes et le henné soigneusement posé aux pieds. Tous les regards étaient tournés vers moi. Je me demandais : pourquoi ? Ma tante expliquait à chaque personne curieuse que je venais de Maroua. C’est après que j’ai compris pourquoi les gens posaient autant de questions »,
relate la fidèle musulmane.
C’est donc parfois dans une diversité de tradition que se célèbrent la fête du sacrifice. Mais loin d’être des motifs de rejet, ces différences sont des occasions pour se cultiver et découvrir dans le respect mutuel, d’autres facettes de la culture musulmane.
Chanelle NDENGBE
