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AFFAIRE CHRISTIAN FOUELEFACK ACCUSÉ DE MEURTRE DE SON ÉPOUSE : LE VERDICT LE DÉCLARE NON COUPABLE AU BÉNÉFICE DU DOUTE

Le tribunal de grande instance (TGI) de la Menoua a rendu a rendu son verdict ce mardi 9 juin 2026, acquittant le Pr Christian Fouelefack du meurtre de son épouse malgré le doute, plus de deux ans après les faits.

Après deux ans passés à la prison principale de Dschang en marge du procès lié au meurtre de son épouse, le Dr Blanche Dontsa, le Pr Christian Fouelefack est déclaré « non coupable au bénéfice du doute » par le TGI de la Menoua. L’homme politique et maître de conférences a été relaxé ce même mardi, son conseil et lui emportent ce procès face au ministère public et le conseil de la famille de la défunte. Mais pour plus d’un, des questions liées à la mort tragique du Dr Blanche Dontsa restent sans réponse. Au moment du décès de sa fille, en avril 2024, cette famille était convaincue qu’il y avait anguille sous la roche quand le Pr Fouelefack affirmait que son épouse est décédée à la suite d’une chute dans la douche. Des expertises médico-légales sont venues les conforter dans ces doutes sur une « mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique avec déplacement de corps » de Blanche Dontsa. Sieur Christian Fouelefack avait donc été interpellé comme suspect.

Qui est donc le meurtrier de Blanche Dontsa ?

Le décès du Dr Blanche Laure Dontsa, chargée de cours à la faculté des sciences de l’université de Dschang, dans le département de la Menoua, région de l’Ouest, est annoncé le 13 avril 2024 par son époux. Selon la version racontée à la famille, l’enseignante aurait fait une chute fatale dans la douche. Mais ces circonstances relatées à la famille laissent un goût inachevé selon ce que des proches ont confié à notre rédaction. « Il y a des incohérences dans cette affaires ». Le papa de l’enseignante ne s’était pas limité à exprimer des doutes. Il avait clairement parlé de crime et accusé son beau-fils d’assassinat. « On a détruit la scène du crime et qui détruit la scène du crime ? C’est un assassin », avait martelé le père, sieur Samuel Teukam Wamba. Les accusations ouvertes du père de la défunte ont donné une autre tournure à cette disparition. La terminologie : « Victime », « Féminicide », a commencé à émerger. Elle s’est consolidée avec deux expertises médico-légales. Après une première autopsie qui concluait une « mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique », une contre-expertise a été faite à la demande de sieur Fouelefack, mais elle a conduit un résultat plus précis, car selon les experts, qu’il y a eu « déplacement de corps ».

Cependant, ces résultats n’ont pas intimidé sieur Fouelefack, même si elles ont contribué à son incarcération. Le leader du Parti du Triangle National (PTN) a continué à clamer son innocence. En répondant à nos questions avant son interpellation, l’homme politique accusé de violences conjugales mortelles a déclaré qu’il n’avait jamais levé la main sur son épouse de longue date et mère de ses quatre enfants. « Mon épouse n’est pas morte de violences conjugales. Mon épouse pouvait mourir de tout sauf de cela. Nous vivons ensemble depuis 12 ans. Mes enfants, mes voisins et mon Dieu sont témoins que je ne l’ai jamais battue ». Pendant deux ans, sieur Fouelefack est resté campé sur cette position, soutenue par son conseil constitué entre autres de l’ancien bâtonnier Me Sonkeng. Mais l’accusation a appelé à la barre, un expert qui a déclaré que c’est un coup à la nuque qui avait provoqué le décès du Dr Dontsa. En outre, le mari et son épouse étaient les seuls à détenir les clefs de leur domicile, selon les avocats de la famille. Pourtant, l’accusation rapporte il n’y a pas eu effraction du domicile lors du décès, ce qui laisse penser que le meurtrier était à l’intérieur de la maison. Si le mari accusé co-détenteur des clefs n’a pas ôté la vie à son épouse comme il le dit depuis le début, qui l’a donc fait ? La question reste ouverte après l’acquittement du Pr Fouelefack  puisque la double autopsie indique une « mort criminelle ».

On se demande si une autre enquête sera ouverte pour faire la lumière sur le décès tragique de l’enseignante de biochimie. Toujours selon les avocats, le Professeur Fouélefack avait déclaré avoir laissé son épouse le 13 avril 2024 pour se rendre à un second deuil, mais à date, il n’aurait pas précisé le lieu dudit second deuil. Autre élément de doute, le Professeur Fouélefack disait avoir été en compagnie d’un ami lorsqu’il a reçu la nouvelle de ses enfants annonçant la chute de son épouse, mais n’a pu devant le tribunal désigner « cet ami militaire ».

En attentant, Blanche Dontsa sera afin inhumée après deux ans passés à la morgue, une situation qui davantage attriste sa famille.

Chronologie des faits

13 avril 2024 : Le décès de Blanche Dontsa est annoncé par son époux dans une version que la famille ne tarde pas à remettre en cause.

15 avril 2024 : Le père du Dr Blanche Dontsa, sieur Samuel Wamba Teukam qui est séparé de sa mère  dit n’avoir pas été informé du décès de sa fille le jour du drame. Il dit avoir reçu un émissaire le lendemain du drame qui lui a annoncé que sa fille ne va pas bien. Il exige une autopsie

26 avril 2024 : Les résultats de la première autopsie sont connus. Ils indiquent : « une mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique ».

3 mai 2024 : Sieur Teukam saisit le recteur l’université de Dschang pour l’ouverture d’une « enquête  criminelle sur les causes de la mort tragique » de sa fille.

17 mai 2024 : Le Pr Christian Fouelefack est interpellé et placé en garde à vue au commissariat central de Dschang, il conteste les résultats de l’autopsie et demande une contre-expertise.

29 mai 2024 : publication du second rapport d’autopsie. Il indique : « une mort violente par traumatisme crânien avec déplacement de corps ».

5 juin 2024 : Le président du parti du Triangle National (PTN) est placé en détention provisoire à la prison principale de Dschang

27 janvier 2025 : le procès s’ouvre avec la tenue de la première audience au tribunal de grande instance de la Menoua statuant en matière criminelle. Affaire renvoyée au 24 février pour constitution des juges.

24 février 2025 : L’audience se tient, elle est renvoyée au 24 mars 2025

24 mars 2025 : Les parents de la défunte sont entendus. Une forte délégation venue soutenir le Pr Fouelefak est remarquée.

21 mai 2025 : La mère de Blanche Dontsa dit avoir reçu des menaces de son beau-fils depuis sa prison parce qu’elle voulait répondre à la demande du 2e fils du couple, âgé de 11 ans de vivre avec elle et non plus avec sa grand-mère paternelle.

24 mai 2025 : La mère de blanche Dontsa est hospitalisée dit-elle, suite au choc des menaces de son beau-fils depuis la prison.

17 mars 2026 : Après plusieurs audiences entre mai 2025 et février 2026, le délibéré était attendu, mais on assiste à la réouverture des débats.

13 avril 2026 : Deux ans du décès tragique de Blanche Dontsa, l’affaire est toujours pendante au TGI de la Menoua.

9 juin 2026 : Le tribunal déclare l’accusé « non coupable au bénéfice du doute », il est relaxé.

 

Chanelle NDENGBE

 

 

 

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1 Comment

  1. Let proper justice bé done

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