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LES OBSÈQUES DU DR BLANCHE NDONTSA SE SONT DÉROULÉES EN DEUX TEMPS

La maman de la défunte a organisé les obsèques chez elle, tandis que l’époux du Dr Blanche Ndontsa a organisé une autre cérémonie de son côté.

Des tensions étaient perceptibles à l’occasion des obsèques du Dr. Blanche Laure Ndontsa, dont le décès annoncé le 13 avril 2024, sonnait la fin des cours à l’université de Dschang. L’enseignante, chargée de cours, est morte dans des circonstances suspectes selon sa famille, tandis que son époux déclare qu’elle aurait fait une chute dans leur chambre conjugale. C’est donc ce qui est à l’origine des tensions, surtout que deux autopsies désignent « une mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique » pour la première publiée le 24 avril 2024 et une « mort violente par traumatisme cranio-encéphalique avec déplacement de corps » pour la deuxième, dont la conclusion a été rendue public le 29 mai 2024.

La situation avait entraîné l’arrestation le 17 mai 2024 de l’époux de la défunte. Ceci pourrait se justifier par le fait que le Professeur Christian Fouelefack maître de conférences à l’université de Dschang et président du Parti du Triangle National (PTN) et sa défunte femme étaient les seuls à posséder les clés de leur maison selon le père de Blanche. Or l’enseignante se trouvant inerte dans le domicile conjugal fermé de l’intérieur, des questions restaient en suspens. Mais pour le prévenu de l’époque, son épouse avait fait une chute affirmait-il, clamant ainsi son innocence.

Ces versions opposées ont entraîné de longues procédures au tribunal et pour la famille de Blanche Ndontsa, de nombreuses questions restent sans réponse, même si le 09 juin 2026, Christian Fouelefack a été déclaré « Non coupable au bénéfice du doute ». Ainsi a -t-il débuté les préparatifs des obsèques de Blanche qui aura passé deux années à la morgue sans que sa famille n’ait accès à elle. C’est donc sous fond de surprise que le 17 juin 2026, la maman de Blanche a reçu un coup de fil de l’ancien sénateur Etienne Sonkin, soutien de la première heure du sieur Fouelefack, lui indiquant que les obsèques de sa fille se tiendront du 26 au 27 juin 2026.

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Levée de corps sous tensions

Lors de la levée de corps le 26 juin 2026 à la morgue de l’hôpital régional de Dschang, la maman de la défunte en pleurs devant le cercueil, s’est excusée auprès de sa fille de ne pouvoir se rendre sur le lieu de l’inhumation choisi par l’époux, car Blanche avait construit une maison selon elle et méritait d’y demeurer d’après les premières promesses de l’époux. Ainsi pour la maman, Blanche ne méritait pas une telle fin. « Tu as préparé ta vie ma fille, mais regarde le résultat de la dernière heure. Même là où tu as investi tu n’as pas droit … je ne t’accompagnerai jamais au champ, ce que je vais mourir ma fille. Ma fille je te dis aurevoir à ce niveau ci … Ta maman est déjà trop fatiguée je te dis adieu à ce niveau » a déclaré maman Pauline Djuazon.

Face à ces paroles porteuses de tristesse, le Pr. Christian Fouelefack avant l’inhumation de Blanche Ndontsa le 27 juin au village Batoula Foguimgo a déclaré qu’il est innocent et que s’il était impliqué d’une quelconque manière dans le décès de sa femme, il la suivrait au bout de 7 jours. « Je n’ai jamais en 12 ans de vie dans le même foyer, levé la main une seule fois sur elle. Je n’ai jamais eu l’intention de lui faire du mal et que si jamais ce que je dis est faux, j’invitais les frères et sœurs de Dieu à piétiner la terre, le sol en disant si j’ai une seule fois eu l’intention de le faire, que 7 jours ne passent pas sans que je ne suive mon épouse. », déclarait ainsi l’homme politique.

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Levée de corps

Dans ce tourbillon qui laisse les enfants au centre, le père de Blanche dont elle était l’unique enfant, a choisi de noyer son chagrin chez lui, dans l’alcool. Ayant choisi le célibat après la séparation d’avec la mère de Blanche, il ne cessait de nous répéter « savez-vous comment on fabrique un docteur ? », une phrase qu’il réitérait machinalement, les yeux remplis de larmes. Pour le sieur Samuel Wamba Teukam passionné de chimie, Blanche Ndontsa était sa plus grande fierté. En obtenant un PHD en chimie organique à la faculté des sciences de l’université de Dschang, elle réalisait ainsi le rêve du père qu’il était, mais ce rêve s’est transformé en cauchemar, avec la mort brusque de son unique enfant.

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Obsèques organisées par la maman de Blanche

Les obsèques du Dr. Blanche Ndontsa se sont donc déroulées en plusieurs fractions, un marquage douloureux que subissent les victimes de mort suspecte et qui annoncent la suite de la procédure judiciaire, car, le ministère public et les proches ont relevé appel du premier verdict.

Chronologie des faits

13 avril 2024 : Le décès de Blanche Dontsa est annoncé par son époux dans une version que la famille ne tarde pas à remettre en cause.

15 avril 2024 : Le père du Dr Blanche Dontsa, sieur Samuel Wamba Teukam qui est séparé de sa mère  dit n’avoir pas été informé du décès de sa fille le jour du drame. Il dit avoir reçu un émissaire le lendemain du drame qui lui a annoncé que sa fille ne va pas bien. Il exige une autopsie

26 avril 2024 : Les résultats de la première autopsie sont connus. Ils indiquent : « une mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique ».

3 mai 2024 : Sieur Teukam saisit le recteur l’université de Dschang pour l’ouverture d’une « enquête  criminelle sur les causes de la mort tragique » de sa fille.

17 mai 2024 : Le Pr Christian Fouelefack est interpellé et placé en garde à vue au commissariat central de Dschang, il conteste les résultats de l’autopsie et demande une contre-expertise.

29 mai 2024 : publication du second rapport d’autopsie. Il indique : « une mort violente par traumatisme crânien avec déplacement de corps ».

5 juin 2024 : Le président du parti du Triangle National (PTN) est placé en détention provisoire à la prison principale de Dschang.

27 janvier 2025 : le procès s’ouvre avec la tenue de la première audience au tribunal de grande instance de la Menoua statuant en matière criminelle. Affaire renvoyée au 24 février pour constitution des juges.

24 février 2025 : L’audience se tient, elle est renvoyée au 24 mars 2025.

24 mars 2025 : Les parents de la défunte sont entendus. Une forte délégation venue soutenir le Pr Fouelefak est remarquée.

21 mai 2025 : La mère de Blanche Dontsa dit avoir reçu des menaces de son beau-fils depuis sa prison parce qu’elle voulait répondre à la demande du 2e fils du couple, âgé de 11 ans de vivre avec elle et non plus avec sa grand-mère paternelle.

24 mai 2025 : La mère de blanche Ndontsa est hospitalisée dit-elle, suite au choc des menaces de son beau-fils depuis la prison.

17 mars 2026 : Après plusieurs audiences entre mai 2025 et février 2026, le délibéré était attendu, mais on assiste à la réouverture des débats.

13 avril 2026 : Deux ans du décès tragique de Blanche Ndontsa, l’affaire est toujours pendante au TGI de la Menoua.

9 juin 2026 : Le tribunal déclare l’accusé « non coupable au bénéfice du doute », il est relaxé.

26 juin 2026 : Levée de corps de Blanche Ndontsa à la morgue de l’hôpital annexe de Dschang.

27 juin 2026 : inhumation de Blanche Ndontsa dans le village Batoula Foguimgo.

Clarence YONGO

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