Carrière, santé, beauté, nutrition, prise de parole, sont les domaines sur lesquels des adolescentes sont instruites dans le cadre d’Eclore, programme immersif que la capitale économique accueille en cette période de vacances scolaires.
C’est une expérience unique et multiforme que des adolescentes vivent à Douala dans le cadre du programme Eclore. Trois jours d’immersion pour développer un potentiel féminin jeune, qui s’impose, nonobstant les intempéries et stéréotypes de la société.
Une vingtaine de jeunes filles âgées de 15 à 18 ans, de divers horizons participent depuis le mardi 7 juillet au programme Eclore, mis en place par Bolanga. Elles sont entretenues sur la vie professionnelle, la santé nutritionnelle, la beauté, l’éloquence, l’authenticité et les valeurs africaines, par des expertes de différents domaines. Pour le deuxième jour du programme, ce mercredi 8 juillet, les filles ont reçu une invitée spéciale de l’organisation, Yvanna Besseke, encore connue comme La Périztocratie sur les réseaux sociaux. La plus jeune attachée de presse d’un candidat à la présidentielle d’octobre 2025, est une jeune femme aux multiples casquettes et donc, un modèle féminin et modèle pour la jeunesse qui a échangé avec les participantes sur son parcours.

La confiance en soi, le choix du métier, l’humilité …
Le talk d’Yvanna Besseke face aux adolescentes a été édifiant à plusieurs niveaux. En racontant son parcours et en répondant aux préoccupations des participantes, la communicante publique a appris aux jeunes comment l’aspiration personnelle est différente de celle des parents. « Quand tu as mis autant d’énergie, autant de temps sur un enfant, tu espères qu’elle fasse un choix de carrière qui ne la met pas en danger premièrement, qui lui rapporte suffisamment d’argent lui permette de vivre… Je vous ai dit quand moi je décide de me lancer en politique, ma maman n’était vraiment pas d’accord, surtout quand je fais des vidéos … Vous imaginez sa peur ? Ce qu’il faut comprendre, c’est d’où vient la peur des parents. La peur des parents vient de l’histoire du Cameroun. L’histoire du Cameroun est faite d’hommes et de femmes qui se sont engagés et on a trouvé leurs corps quelque part. Elle est arrivée sur le terrain, on lui a dit Um Nyobe a voulu s’engager il est mort, tel a voulu s’engager il est mort. Comment est-ce que tu veux qu’elle voit sa petite fille s’engager ? Une fois qu’on a compris ça, on essaie de trouver les mots pour expliquer son projet à ses parents peu importe le domaine que vous avez choisi », a expliqué la guest.
De ces échanges ressort aussi l’importance de cultiver la confiance en soi, peu importe le milieu d’où l’on vient, les écoles qu’on a fréquentées, la famille à laquelle on appartient. Cultiver par ailleurs l’humilité pour comprendre que « rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais acquis ». Avec cet entendement la jeune fille en quête perpétuelle du savoir pourra atteindre le sommet de l’excellence. « Quel plaisir ! Quel honneur pour moi de pouvoir dialoguer avec ces jeunes petites sœurs. Je souhaite remercier les organisateurs pour cette initiative parce que nous avons besoin en tant que jeunes femmes de modèles à qui se représenter, de qui s’inspirer. J’espère leur avoir transmis ce que je sais et j’espère également que dans quelques années ça sera elles à cette place qui pourront également donner à d’autres », a réagi l’invitée au micro de Griote.

La prise de parole en public, un moyen de l’excellence
L’excellence passe aussi par la prise de parole en public qui a fait l’objet d’un autre atelier ce mercredi. L’atelier a été animé par Aline Essono, experte en art oratoire, promotrice du concours « Elles parlent » et fondatrice de l’association Bito. Au cours d’exercices pratiques et théoriques, la spécialiste a identifié les problèmes que les jeunes filles rencontrent quand elles prennent la parole en public ; la peur du regard de l’autre, la peur d’oublier, de se tromper, de ne pas être assez présentable… Il a donc fallu travailler sur le fond et sur la forme d’une prise de parole en public, en expliquant l’importance pour exprimer ses idées et vendre ses projets. « Ces 25 filles aujourd’hui ont pu apprendre à choisir les mots à utiliser pour convaincre, persuader, informer, inspirer. Nous avons travaillé sur la structuration d’un texte, d’un exposé. Nous avons aussi travaillé la forme. Il est important de pouvoir regarder son auditoire en le captivant … d’adapter la gestuelle en fonction du message … de varier la voix, d’animer son texte avec cette belle voix qui donnera envie aux autres de vous écouter. Et il est important aussi de respecter le temps », a argué l’experte en art oratoire qui a aussi précisé qu’il faut apprendre, s’améliorer en préservant son authenticité.
Organisé par Bolanga, hub culturel de Siliki Nsangue Akwa, engagé dans le développement des enfants et adolescents africain par la culture et l’éducation, le programme Eclore se tient du 7 au 9 juillet à Douala. C’est donc une autre journée enrichissante avec d’autres modules qui attend les filles demain jeudi 9 juillet dans le quartier administratif de Douala.
Chanelle NDENGBE
