Pour des pratiques relevant de l’exercice illégal de la médecine, Croqueuse de Diamants sera poursuivie, selon une note de l’ONMC.
Après l’alerte sur les pratiques de Body Filler, les autorités sanitaires ont réagi. L’Ordre national des médecins a fait une sortie claquante contre la mise en cause, Croqueuse de Diamant.
La femme aux milliers d’abonnés, connue sous le pseudonyme «Croqueuse de diamant», publie depuis un moment un contenu qui intrigue plus d’un. Elle fait la publicité d’injections qu’elle concevrait et injecterait elle-même sur des corps humains pour augmenter le fessier ou la poitrine. Le Dr Albert Ze, spécialiste de l’économie de la santé, a tiré la sonnette d’alarme concernant ces pratiques, pointant directement le ministre camerounais de la Santé publique :
« Initialement connue dans le milieu du divertissement, cette dernière propose désormais des prestations de body filler (injection de remodelage corporel). Face à la dangerosité avérée de cette pratique de modification corporelle et aux risques sanitaires qu’elle implique, j’aimerais savoir, Monsieur le Ministre, si cette structure dispose d’une autorisation officielle délivrée par vos services pour exercer une telle activité ? En vous remerciant pour votre attention. »
Dans la foulée des indignations, la concernée et sa famille ont publié un droit de réponse jugé arrogant par plusieurs. Par la suite, est paru le communiqué de l’Ordre national des médecins du Cameroun annonçant des poursuites judiciaires contre Manuella Limpa.
« Le président de l’Ordre National des Médecins du Cameroun informe l’ensemble de la communauté médicale et le grand public qu’à la suite des signalements faisant état de pratiques susceptibles de relever de l’exercice illégal de la médecine, des plaintes ont été déposées auprès des autorités compétentes contre… Mademoiselle Manuella Limpa, connue sous le pseudonyme « La Croqueuse de Diamants », pour des faits signalés relatifs à la réalisation d’actes esthétiques invasifs, notamment des injections de Body Filler, en dehors du cadre légal applicable »,
a indiqué le président de l’Ordre, le Dr Rodolphe Fonkoua, dans le communiqué du 16 juillet 2026.

L’ONMC informe également que les autorités compétentes ont ouvert une enquête pour vérifier ces faits. Selon certaines sources, la mise en cause aurait été interpellée au lendemain de cette sortie, tandis que d’autres indiquent que c’est plutôt sa mère et sa sœur qui auraient été arrêtées. Dans la foulée, Kinsly Nembo, dit « Docteur », est également dans le viseur de l’ONMC pour des actes similaires.
Le ministère de la Santé publique s’est finalement prononcé de façon neutre sur cette affaire. Après avoir rappelé que de telles pratiques « doivent être réalisées par des professionnels de santé dûment qualifiés, dans des structures sanitaires autorisées, dans le strict respect de la réglementation en vigueur», le ministre Manaouda Malachie a mis les consommateurs en garde concernant les conséquences liées à ces pratiques de Body Filler : « Les infections sévères ; les réactions allergiques ; la déformation et les douleurs chroniques ; la migration du produit dans l’organisme ; les complications pouvant mettre la vie en danger ».
Un communiqué qui, selon des observateurs, est loin de rassurer.
Chanelle NDENGBE
