Au-delà du choc provoqué par cette découverte macabre à Edéa, une question demeure : qu’est-il réellement arrivé à la jeune Marie-Paule ?
C’est aux environs de 7 h, le vendredi 17 juillet 2026, que la gendarmerie a fait la constatation du corps inerte de la jeune fille le long de la nationale N°7, au village Koukoue, après avoir été alertée par un employé de la C.A.C. L’identité de la défunte n’a pas tardé à être établie : il s’agit de Marie-Paule Massoki, élève en classe de 2nde A4 Allemand au lycée classique d’Edéa. Elle résidait à Kodock avec ses parents, Alphonse Yana et Marie Nguena, selon les informations recueillies auprès de la gendarmerie par nos confrères d’Edéa by Zéro Malheur. On sait également que Marie-Paule avait quitté le domicile familial la veille au soir. Proches et parents la croyaient chez sa grand-mère, où elle avait l’habitude de se rendre, mais le pire s’est produit.
L’adolescente a-t-elle fugué après une dispute parentale ?
Une hypothèse balayée du revers de la main par les membres de la famille contactés par Griote. Les rumeurs circulant au sujet de cette tragédie évoquent une fugue consécutive à un conflit familial, mais selon les proches de la défunte, les parents n’étaient même pas présents lorsque la jeune fille a quitté la maison jeudi soir.
« Le jour du décès de Marie-Paule, ni son père Alphonse, ni sa mère n’étaient à la maison. Sa mère était au village après Dibang ; c’est là-bas qu’on l’a appelée pour lui annoncer le décès de sa fille. Son père, quant à lui, était sorti pour une réunion. Aucun parent n’était donc présent lorsqu’elle est partie, et il ne s’agissait absolument pas d’une fugue »,
nous révèle notre source.
Cependant, Marie-Paule se serait bien disputée avec un « proche»
« La vérité est qu’elle a eu des problèmes avec une personne proche de la famille, dont je ne peux pas mentionner le nom. C’est de là que tout est parti. C’est très délicat », précise notre source.
Une version qui rejoint en partie celle de la gendarmerie, selon laquelle la jeune élève aurait eu un différend avec son oncle, qui l’accusait du vol d’un téléphone portable :
« D’après les premières informations recueillies sur les lieux, l’infortunée aurait eu une dispute quelques heures plus tôt avec son oncle au sujet du vol d’un téléphone portable », indique la gendarmerie.
Suicide ou meurtre avec déplacement de corps ?
Si toutes les versions s’accordent sur l’existence d’une altération verbale avant le drame, les détails divergent quant à la suite des événements. Selon la gendarmerie, l’adolescente aurait menacé de mettre fin à ses jours lors de la dispute : « Sous le coup de la colère, elle a promis de se suicider en disant que c’était trop ! »
Aurait-elle mis sa menace à exécution ? Pour la famille, l’état de la dépouille et les premiers éléments rassemblés orientent plutôt vers un homicide dissimulé :
« Elle a eu des problèmes avec cette personne jeudi soir, et vendredi matin, on l’a découverte morte. Elle n’a pas été tuée à l’endroit où son corps a été abandonné. Des commerçantes du carrefour Kribi ont témoigné avoir vu Marie-Paule sur une moto avec des inconnus. Ses pieds traînaient au sol : elle était déjà morte. Ces individus transportaient simplement son corps, et le lieu n’a pas été choisi au hasard. Lorsque la famille est allée déposer la dépouille à la morgue, elle présentait deux orteils cassés à cause du transport. Elle est morte des suites de coups violents, notamment au niveau du ventre. Ils ne l’ont pas violée, mais battue à mort. »
Qui est le responsable de ce crime odieux ? Une enquête de gendarmerie est en cours pour faire toute la lumière sur cette affaire. Il n’en demeure pas moins que Marie-Paule a été brutalement arrachée à la vie en cette période de vacances scolaires, avant même d’avoir pu souffler sur sa 16e bougie. La tristesse et l’angoisse règnent au sein de sa famille.
Chanelle NDENGBE
