La récente vague de soutenances de thèses de doctorat à l’Université de Dschang a dévoilé des initiatives novatrices portées par deux jeunes femmes pour combattre des pathologies chez les hommes et les femmes.
Pour l’obtention de leur doctorat, deux étudiantes de la Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques de l’Université de Dschang ont défendu leurs travaux sur des médicaments nouveaux en médecine moderne. Ces produits, conçus à base de plantes locales, pourraient offrir de nouvelles perspectives dans la prise en charge du dysfonctionnement sexuel chez les hommes et de la candidose chez les femmes.

Le « Vankwezole » au clou de girofle contre les candidoses, par Gillian Vankwe
Pour sa thèse de doctorat, Gillian Vankwe s’est intéressée à la candidose vaginale et particulièrement à son traitement. Infection fongique principalement causée par des levures, la candidose existe sous plusieurs formes selon ses manifestations. On distingue notamment la candidose vulvo-vaginale (CVV), ou infection vaginale à levures, dont sont victimes des millions de femmes dans le monde selon l’OMS. C’est sur ce type d’infection que portent les travaux de la désormais docteure.
La problématique de sa thèse se situe au niveau de la prise en charge des patientes. Selon ses constats, les femmes touchées par cette infection sont confrontées à de nombreux défis thérapeutiques, notamment la résistance aux antifongiques qui entraîne des récidives et même des échecs de traitement. C’est dans les plantes locales que la chercheuse est allée chercher la réponse à cette problématique.
Devant un jury présidé par le Pr Michel Noubom, Gillian Vankwe a défendu la solution qu’elle propose pour la prise en charge des femmes touchées par les CVV. Il s’agit d’un ovule vaginal fait à base de clou de girofle, baptisé « Vankwezole », du nom de sa conceptrice. Sur les différentes plantes testées, le clou de girofle s’est distingué par une activité antifongique particulièrement prometteuse sur les cas de candidoses ayant servi à l’expérimentation. Si le produit est agréé par les autorités sanitaires compétentes, il pourrait devenir un médicament très prisé pour traiter les CVV. En inventant ce produit, plus qu’une prouesse scientifique, c’est une innovation majeure dans la recherche académique que réalise le Dr Gillian Vankwe. Sa thèse, soutenue le 18 juillet dernier, a été encadrée par les Professeurs Donatien Gatsing et Guy Sédar Sengor Njateng.

L’Aphrocrin de Linda Abieme contre le dysfonctionnement sexuel masculin
La solution que Linda Abieme Mbah propose contre le dysfonctionnement sexuel provient d’un savoir-faire endogène familial. Depuis plusieurs années, sa mère est une tradipraticienne reconnue auprès des hommes atteints de dysfonctionnement sexuel. C’est à Mfou, dans la région du Centre, que la mère de la nouvelle docteure prépare pour ses patients des décoctions qui apportent satisfaction à beaucoup d’entre eux.
La pharmacienne s’est donc inspirée de ces décoctions à base de feuilles et de fruits pour créer « Aphrocrin », qui peut être considéré comme une version améliorée du traitement traditionnel maternel.
Ce médicament, Linda Abieme Mbah l’a défendu solennellement devant un jury. La candidate a expliqué que ses travaux ont porté sur deux plantes : Crinum zeylanicum et Aframomum melegueta. Après des mois de recherches en laboratoire et de tests sur des rats, appuyés par ces savoirs thérapeutiques traditionnels, les résultats ont montré que la solution du Dr Abieme Mbah répond aux besoins des 57 % de la population masculine adulte au Cameroun touchés par les dysfonctions sexuelles.
Ces travaux ont été salués par le jury en présence de la mère et inspiratrice de la docteure. Les recherches vont désormais se poursuivre en vue de l’homologation de ce médicament.
Ces travaux innovants sont salués par le public, qui y voit des solutions concrètes pour les patients et des catalyseurs de développement. Des initiatives portées par les femmes africaines, particulièrement à l’honneur ce 31 juillet 2026, qui marque la 64e célébration de la Journée internationale de la femme africaine.
Chanelle NDENGBE
