Des violences sexuelles avant meurtre ont récemment été commises sur sept jeunes filles, dont des enfants depuis le début de cette année.
Le point sur les féminicides dressé par notre rédaction lors de la Journée de la femme africaine fait état de 53 féminicides du 1er janvier au 29 juillet 2026. Dans cette liste, 07 jeunes victimes ont été sujettes à des sévices avant d’être tuées.
Venue aider sa grand-mère dans ses champs, Aïcha trouve une mort barbare
Le plus récent des féminicides, marqué par les violences sexuelles est celui d’Aïcha, âgée de 22 ans. Venue de Yaoundé pour aider sa mère aux travaux champêtres, Aïcha est tombée entre des mains qui lui ont fait vivre l’horreur. Le soir de sa disparition, elle a reçu un coup de fil ; laissant sa mère auprès de son frère malade à l’hôpital, elle a juste dit qu’elle arrivait et n’est jamais revenue. Le mercredi 29 juillet 2026, le corps de la jeune fille présentait non seulement des signes de sévices sexuels, mais était horriblement mutilé, selon le témoignage de sa maman. L’état de la dépouille, présentait des traces de brûlures et de coups de poignard, elle était délestée de ses yeux et de plusieurs organes, laissant soupçonner un crime rituel.

Le viol et l’assassinat de Divine Mbarga à Yaoundé
L’affaire Divine Mbarga est l’infanticide-féminicide qui aurait été le plus marquant au 1er semestre de l’année 2026. Le film d’horreur de l’assassinat de la fillette de 11 ans a été raconté sur Griote.tv. Souffrant de diabète et dépendante de l’insuline, elle avait subi des remontrances de sa famille dues à la consommation de sucreries. Craignant une punition, elle s’était enfuie à sa sortie des cours le 18 mars pour se réfugier chez son camarade du même âge, qui habitait non loin de chez elle, au 10e arrêt Nkoabang. Du côté de la famille de Divine, les recherches menées pour la retrouver n’ont abouti à rien cette journée-là. Le lendemain, son corps sans vie a été retrouvé. La fillette avait enduré des violences sexuelles pendant de longues heures et son bourreau lui avait ensuite brisé son cou. C’est Éric Moadambe, le père du camarade de la fillette, qui est l’auteur présumé de ce crime odieux. Il a été interpellé le 20 mars par les éléments du commissariat du 20e arrondissement et il serait passé aux aveux selon certaines sources. Mais un flou total entoure désormais cette affaire.
Viol et meurtre de deux lycéennes à Kribi
Le 25 février, les dépouilles de deux élèves du lycée bilingue de Kribi rural ont été retrouvées non loin de leur établissement.
Les corps sont identifiés comme étant ceux de : Annonena Dili Hana, 22 ans, élève de 2nde A4 espagnol, et Zeh Eyamo Sidonie, 18 ans, élève de 1ère A4 espagnol.
Deux jours avant cette terrible découverte, un avis de recherche avait été diffusé pour les retrouver, car les deux jeunes femmes avaient été refoulées de leur établissement le lundi 23 février 2026 pour tresses non conformes et n’avaient plus donné signe de vie. Les dépouilles des deux élèves présentaient des traces de violences sexuelles, laissant les familles et les populations locales sous le choc.
Deux enfants assassinées après un viol en début janvier
Les crimes horribles sur deux enfants dans des régions différentes ont négativement marqué le début de l’année. À Mfou, dans la région du Centre, Mamfouing Daphné, 12 ans, a été retrouvée sans vie, avec des traces de violences et sévices sexuels, le 8 janvier 2026. Selon sa tante à notre micro, l’élève en classe de 6e au collège Dabang Kongoa était portée disparue depuis le dimanche 4 janvier. Des témoins auraient affirmé l’avoir vue monter dans le véhicule d’un homme le mercredi 7 janvier, soit à la veille de la découverte macabre. Après avoir subi des agressions sexuelles dont la sodomie, la fillette avait été tuée à coups de parpaings.
À Findinda, dans la région du Sud, c’était au tour de Pama Erica, 10 ans, de subir le même sort. Le 10 janvier, deux hommes se sont introduits au domicile des parents de la fillette alors que ceux-ci assistaient à un enterrement. Ils se sont saisis de la petite fille, et après le crime sexuel, ils lui ont ôté la vie. Les deux criminels ont été interpellés plus tard, tandis que dans la localité, plusieurs évoquaient une vengeance familiale comme mobile du crime.
En début avril, la saga a continué avec une autre découverte macabre à Dourga, dans la région de l’Extrême-Nord. C’est le corps de Naïma, 14 ans, qui portait des marques de violences sexuelles.
Face à ce sombre tableau illustrant l’insécurité des filles et des femmes dans le pays, la violation de leur intimité et du droit à la vie, il convient de rappeler, à l’occasion de la célébration de la femme africaine du 31 juillet 2026, que les droits des filles et des femmes sont des droits humains.
Chanelle NDENGBE
