Des réponses aux nombreuses questions suscitées par le décès trouble de l’élève en classe de 5ᵉ ont mobilisé un grand nombre de personnes au collège de La Salle ce lundi matin, alors qu’une présence policière entourait le site.
C’est un nouveau drame impliquant un établissement scolaire qui secoue le Cameroun. Après les différentes versions autour de l’affaire qui a éclaté le vendredi 18 septembre, date du décès de l’élève de 5ᵉ, la famille exige, via un communiqué, l’ouverture d’une enquête.
Selon plusieurs témoignages, Moukoko Ozanne, 12 ans, aurait été retrouvée dans l’établissement avec des marques de sévices sexuels et droguée. Une tragédie qui effraie les parents d’élèves, lesquels se sont mobilisés en grand nombre ce lundi pour obtenir des réponses aux questions que suscite ce drame.
Sur les lieux, à l’extérieur du campus scolaire, nous avons rencontré des parents inquiets qui évoquent des cas ayant précédé celui de la petite Ozanne. Une dame affirme qu’un enfant est tombé la semaine dernière, « mais fort heureusement, il n’est pas mort ». C’est avec les larmes aux yeux qu’une autre dame parle à la presse de son fils, décédé lui aussi dans des circonstances troubles au sein de l’établissement l’année dernière. Comme dans le cas d’Ozanne, l’administration prétend que les caméras de vidéosurveillance sont défectueuses, ce qui intrigue ce parent qui dit regretter de ne pas avoir effectué une autopsie pour faire la lumière sur le décès de son enfant :
« C’était le 11 décembre 2025, l’enfant venait de fêter son 12ᵉ anniversaire. À la sortie des cours, ce jour-là, j’étais assise dans l’enceinte de l’établissement. Puis la sonnerie de l’école a retenti et j’ai vu des enfants, des camarades de mon fils, accourir vers moi. Ils m’ont dit : “Notre camarade est tombé dans les escaliers.” Je cours vers mon fils, je le trouve allongé, inconscient, son sac au dos… Moi-même, je le transporte à l’hôpital, accompagnée de deux encadreurs. Quand on arrive à l’hôpital pour les soins, on me déclare qu’il est décédé. Je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé avant qu’il ne tombe dans les escaliers parce qu’il y a eu beaucoup de versions. À l’école, nous avons demandé à visionner les images des caméras de vidéosurveillance. Malheureusement, cela n’a pas été possible parce que, selon les informations reçues, les caméras étaient défectueuses… Aujourd’hui, il y a un deuxième cas. Je regrette de ne pas avoir eu la présence d’esprit de faire une autopsie. Je n’ai pas pu et je le regrette énormément»,
a déclaré ce parent d’élève, qui demande également que la lumière soit faite sur ce nouveau drame.

Le triple appel de la famille Moukoko
Suite au décès alarmant de son enfant, la famille Moukoko n’a pas tardé à réagir via un communiqué dans lequel elle exprime sa douleur et sa consternation :
« Notre fille, Moukoko Essoe Hosanne, âgée de 11 ans et 11 mois, est décédée le vendredi 18 septembre 2026 alors qu’elle se trouvait dans l’enceinte de son établissement scolaire, dans le cadre normal de sa scolarité. Un enfant confié à l’école pour apprendre et grandir ne devrait jamais y perdre la vie. C’est pourquoi, au-delà de notre douleur, nous estimons qu’il est de notre devoir, en tant que parents et en tant que citoyens, de rendre publique cette tragédie et d’en exiger la lumière »,
déclare la famille dans le communiqué daté du samedi 19 septembre 2026.
Pour faire toute la lumière sur cette affaire, elle lance également un appel aux autorités pour l’ouverture d’une « enquête indépendante, sérieuse et transparente », d’autre part à l’opinion publique et aux témoins pour obtenir des éléments pouvant aider à établir la vérité, ainsi qu’aux médias pour le suivi de l’affaire « afin que ce drame ne sombre pas dans l’oubli ».
Selon le principal du collège de La Salle, qui s’est exprimé dans l’établissement ce matin, la jeune apprenante aurait eu un malaise et aurait été conduite à l’hôpital Laquintinie, où son décès a été constaté. Une version que rejette la famille de la défunte au regard des indices alarmants retrouvés sur sa dépouille. En attendant, l’opinion publique reste suspendue à la publication du communiqué officiel de l’établissement et attend que toute la lumière soit faite sur cette tragédie.
Chanelle NDENGBE
