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ÉMEUTES AU LYCÉE TECHNIQUE DE NSAM : QUE S’EST-IL RÉELLEMENT PASSÉ ?

Des scènes de saccage et de vandalisme perpétrées par des élèves au lycée technique de Nsam tiennent en haleine les internautes, une situation critique qui met en cause l’administration à la suite d’un accident mortel.

Les réseaux sociaux sont envahis ce mercredi 21 octobre par des vidéos exposant les manifestations d’un incident à la fois troublant et dramatique au lycée technique de Nsam. Des élèves en furie se livrent à des actes de vandalisme sur le campus scolaire, exprimant leur colère contre la cheffe d’établissement après un accident de moto qui a coûté la vie à deux d’entre eux.

Des vidéos, des témoignages et une sortie d’un représentant du ministère des Enseignements secondaires (MINESEC) sont venus confirmer l’incident dramatique au lycée technique de Nsam, dans la région du Centre. On a non seulement vu des foules d’apprenants lancer des pierres sur les bâtiments du lycée, mais aussi écouté ceux qui témoignent en exprimant leur ras-le-bol face à la mort de deux de leurs camarades. Selon les témoignages, trois élèves ont été renvoyés ce matin du lycée, deux d’entre eux qui seraient en Première F3 pour coiffure non conforme, et le troisième pour sa moto qui ne pouvait pas être garée dans l’enceinte de l’établissement. Se retrouvant dehors, ils ont été victimes d’un grave accident de la circulation.

« On a renvoyé les deux autres parce qu’ils devaient se coiffer, et lui c’est parce qu’il devait garer sa moto ailleurs. Parce que le proviseur a dit que seuls les enseignants garent leurs véhicules à l’école. Maintenant, il est sorti garer sa moto et a laissé les autres aller se coiffer. C’est en rentrant que le camion est venu les ramasser », raconte une élève. À la suite de l’accident, un élève serait décédé sur le coup, un second à l’hôpital, tandis que le troisième a survécu avec des blessures.

Choqués, les élèves attribuent la responsabilité du drame à l’administration, principalement à Madame le proviseur qui a renvoyé les élèves le matin pour des questions de discipline.

Sur les lieux de l’accident, le corps de l’apprenant mort sur le coup a gis pendant des heures, provoquant davantage la colère de ses camarades et même des habitants de la localité.

« Depuis que mon camarade est couché ici, aucun surveillant n’est venu mettre le pied dehors. On ne fait que se plaindre là-bas. Les élèves ont tout cassé à l’école pour que les surveillants viennent ici porter le corps. Aucun n’a mis les pieds ici, nous sommes fâchés ! », s’indigne une camarade des victimes.

« J’ai les larmes aux yeux parce que depuis que cet enfant a fait l’accident, aucun parent n’est passé. Et le lycée ne s’en occupe pas non plus, pourquoi ? Depuis le matin, les camarades sont ici. Pourquoi ce gars est-il couché là ? Je n’ai aucun enfant dans ce lycée, mais ça me fait mal », déplore une dame qui s’est arrêtée face à l’attroupement autour de la dépouille du jeune homme alors qu’elle allait au marché. « Cet enfant était-il l’enfant d’un chien ? Pourquoi est-il encore ici ? », s’est indignée une autre maman.

Réagissant au tumulte, le ministère des enseignements seconaires s’est exprimé par la voix d’un chargé de communication. Selon ce cadre du MINESEC, s’il y a bien eu un renvoi pour coiffure non conforme et un accident mortel, les élèves ont cru à tort que c’était leur camarade renvoyé qui avait été tué, avant de se livrer à des actes de vandalisme.

« Le mercredi 21 octobre 2026, trois élèves du Lycée technique de Nsam, qui se rendaient à l’école à bord d’une même moto conduite par l’un d’eux, ont été victimes d’un accident de la circulation. Le conducteur est décédé sur place, tandis que l’un des passagers, grièvement blessé, a été plongé dans le coma. Le troisième élève ne présenterait pas de danger immédiat, selon les informations disponibles. À noter que quelques minutes auparavant, un autre élève a été chassé de l’établissement par les surveillants pour coiffure non conforme aux dispositions du règlement intérieur. À l’annonce de l’accident mortel, certains élèves, croyant à tort que la victime était leur camarade précédemment renvoyé, se sont livrés, en guise de représailles contre l’administration, à des actes de vandalisme contre les infrastructures et les équipements du Lycée, notamment le restaurant, les bureaux administratifs, les véhicules, les salles informatiques et les tableaux numériques. Ces actes ont contraint les membres de l’administration à se mettre à l’abri »,

a indiqué le sieur Henri Bomba, chargé de communication de la ministre Pauline Nalova Lyonga.

Ce sont donc deux versions qui s’affrontent, et la situation reste fortement préoccupante, relançant le débat sur les sanctions disciplinaires à l’école et le comportement des apprenants.

Chanelle NDENGBE

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