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STOPPER LES VIOLENCES DOMESTIQUES AU CAMEROUN : LA PARTICIPATION DE IHS CAMEROUN VIA UN WEBINAIRE

L’entreprise privée a mis la question des violences domestiques sur la table au cours d’un webinaire qui a réuni des experts du droit, des médias et des sciences humaines.

Remédier aux violences domestiques au Cameroun n’est plus la seule affaire de l’État et de la société civile. Les entreprises privées se mêlent désormais à la lutte, comme le démontre un webinaire organisé par IHS Cameroun avec pour thème : « Comprendre et prévenir les violences conjugales ».

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Sombre tableau des violences domestiques au Cameroun, l’urgence d’une forte mobilisation

76 féminicides et près de 8 masculinicides comptabilisés par le média en ligne Griote depuis janvier 2026, des chiffres associés à de nombreux cas de violences sur les enfants en famille, qui rendent compte de la situation alarmante au Cameroun. Une situation qui a conduit l’entreprise de télécommunications IHS Cameroun à mettre le sujet sur la table autour d’un webinaire, le mercredi 21 octobre 2026.

« Le tableau de notre société aujourd’hui est sombre, la situation est alarmante. Le mal a touché au plus profond de notre société, qu’il s’agisse des violences basées sur le genre ou des violences domestiques sur les enfants… Et dans chaque sphère, on dénombre des cas, que ce soit dans la classe élitiste ou dans les classes moyennes. Au-delà même des violences domestiques, sur la place publique le langage des Camerounais est devenu violent. Il est temps que les entreprises privées, que les initiatives privées se joignent aux pouvoirs publics, se joignent aux structures existantes en la matière, notamment les ONG, et aux figures de proue qui se sont levées contre les violences domestiques pour dire avec eux stop »,

a expliqué dame Barbara Melem, directrice de la communication et de la RSE chez IHS Cameroun.

Le webinaire a réuni en présentiel des spécialistes du droit, des médias et des sciences humaines, avec la participation en ligne des employés d’IHS. Dame Clarence Yongo, senior journaliste et directrice de publication de Griote, média spécialisé sur les sujets des femmes et des enfants et point focla sur les féminicides au Cameroun, était de la partie. Après avoir expliqué la notion de violentomètre, la journaliste a fait le parallèle avec l’état des lieux des violences conjugales, démontrant que l’outil d’analyse qui permet de mesurer le degré de violence dans les foyers est au rouge.

« Le violentomètre est au vert lorsque la relation est saine. Avec la couleur rouge/orange, elle signale la vigilance. Au rouge, il y a signal du danger, de la nécessité de se protéger, de demander de l’aide ». Cette alerte rouge est malheureusement ignorée dans de nombreux cas, d’où le sombre tableau des féminicides. Parce que la défense des victimes et l’accompagnement des médias ne sauraient se faire sans l’aval des victimes, briser le silence reste l’une des armes fondamentales, sans oublier les autres mesures comme l’éducation.

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L’éducation des garçons au mariage, un impératif

Le docteur et psychologue Boris Nguehan a insisté sur la nécessité de l’éducation des garçons au mariage. Il explique que les violences trouvent souvent leur origine dans l’instinct animal qui habite tout homme, particulièrement en situation de crise face à quelqu’un considéré comme subordonné. Savoir se maîtriser en de telles circonstances, notamment dans le foyer, demande une éducation solide au mariage.

« Malheureusement, la société africaine ne met pas l’accent sur l’éducation des garçons au mariage comme c’est le cas avec les jeunes filles », remarque le psychologue. Un mariage dans lequel les deux époux ont été formés au mariage et se considèrent comme des collaborateurs a plus de chances de réussir qu’un mariage dans lequel seule la femme a été formée, selon les conclusions du psychologue.

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La loi reste une arme

Si des déceptions ont été vécues par les familles et le public concernant les traitements des affaires de violences et même de féminicides — en l’occurrence lors du premier traitement de l’affaire Diane Yangwo —, la loi reste, selon Me Matefgo, une arme efficace pour se protéger des violences domestiques. L’avocate au barreau du Cameroun a expliqué la démarche à suivre lorsque, dans un foyer, la femme ou l’homme subit des violences physiques ou psychologiques.

« Quand vous êtes victime de violence, il faut vous protéger de votre partenaire. Vous allez chercher un certificat médical, vous le présentez au juge et celui-ci vous donne le droit de quitter le foyer pour un moment ou en attendant le divorce, sinon votre conjoint peut vous accuser d’abandon de foyer. De même, pour les violences psychologiques, vous allez consulter un psychologue et vous suivez la même procédure. Le certificat délivré par le médecin fait foi ».

La responsabilité de chacun et les répercussions des violences au cours des âges dans la société étaient également à l’ordre du jour. Le psychologue a ainsi invité les familles et les amis à ne pas abandonner une proche victime de violence sous prétexte qu’elle donne l’impression de supporter son bourreau, car le syndrome de Stockholm — qui fait que la victime développe de l’empathie pour son bourreau — est une réalité.

Barbara Melem, IHS Cameroun

C’était donc un pari réussi pour IHS Cameroun, qui a atteint son objectif d’éduquer ses employés par rapport aux violences psychologiques.

« Et cela, c’est pour remercier le management d’IHS Cameroun. Nous avons des programmes de bien-être pour les employés qui, tout au long de l’année, nous permettent de visiter des thématiques, et qui viennent non seulement asseoir la psychologie de l’employé, mais aussi l’accompagner au quotidien dans la perspective de faciliter son équilibre entre sa vie privée et son travail. Et c’est dans cette perspective que ce webinaire a également été organisé. Cela permettra aux employés de comprendre qu’au-delà des objectifs et des résultats que l’entreprise se fixe, elle a également un souci de la qualité de votre vie, de la qualité de votre relation émotionnelle avec vos proches, de votre psychologie, parce que ça compte énormément sur le travail que vous faites au quotidien. On ne saurait parler de production, de productivité et de résultats sans s’assurer que l’employé est stable et équilibré »,

argue la cheffe de la communication.

Des employées sensibilisés et édifiés qui pourraient devenir des ambassadeurs de la non-violence au foyer, comme le souhaite la journaliste Clarence Yongo : « Je remercie IHS parce que c’est une main tendue pour que ce dialogue qui a été initié se fasse à une échelle un peu plus vaste, beaucoup plus élargie, et que les ambassadeurs que nous avons eus en ligne dans ce webinaire transmettent la bonne nouvelle. Mais également qu’ils soient des personnes qui vont nous accompagner sur le terrain de la lutte contre les violences ».

Chanelle NDENGBE

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