La dernière audience sur cette affaire de féminicide présumé a laissé place à de longs débats basés sur les éléments scientifiques issus des analyses effectuées sur la dépouille de la défunte Blanche Dontsa.
Il aura donc fallu environ 5 heures d’échanges, de questions, de précisions durant l’audience du 2 juin 2025 au tribunal de première instance de Dschang pour que les débats prennent fin. La séance était marquée par les témoignages des deux médecins ayant effectué les autopsies sur la dépouille du Dr Blanche Ndontsa, épouse de Christian Fouelefack, homme politique et maître de conférences à l’Université de Dschang. On se souvient en effet qu’il y a eu deux autopsies, la première à la demande du père de la défunte qui voulait comprendre les circonstances du décès de sa fille et la seconde répondant à la volonté d’une contre expertise demandée par son époux accusé d’avoir mis fin à ses jours.
Selon les autopsies dont nous avons copie, la première conclut une « mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique » et la seconde une « mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique avec déplacement de corps ».
Alors que l’accusé se défend de ce que son épouse aurait succombé à une chute, les informations fournies à l’audience par les médecins des deux autopsies ont un rapport similaire. Le Dr Jean Pascal Fongang Nguemo est le premier médecin appelé à la barre. L’expert soutient que la victime avait des blessures au visages, à l’oeil, au bras en plus des égratignures. Selon ses analyses, cet état du corps de la victime indique une mort violente et non une simple chute à la douche comme le soutien l’accusé. Le second médecin entendu à l’audience a corroboré la thèse de blessures qui ne résultent pas d’une simple chute. Ces rapports médico-légaux accordent à première vue du crédit à l’accusation. Toutefois, des éléments manquants aux experts les empêchent d’établir une conclusion définitive sur l’implication ou non de Christian Fouelefack dans la mort de sa femme. Parmi les données manquantes, le Dr Fongang Nguemo a évoqué les détails sur la position de la victime au moment du drame. N’ayant assisté à la reconstitution complète des faits sur le lieu de la découverte, l’analyse médico-légale manque de précision.
Le 02 Juin 2025, l’audience a été reportée au 07 juillet 2025. Il pourrait s’agir de la dernière audience dans cette affaire selon des avocats de la victime. Par ailleurs, à la demande de l’accusation, il a été ordonné la production du listing des appels de la défunte de la veille au jour de son décès.
L’audience du 07 juillet déliberara-t-elle sur l’affaire. Nous le saurons dans quelques semaines. Entre temps, la dépouille de l’enseignante d’université, pas scellée, n’est pourtant pas accessible aux membres de sa famille qui voudraient organiser ses obsèques. Une violence qui vient s’ajouter au départ tragique de la défunte.
Christian Fouelefack, homme politique et maître de conférences à l’Université de Dschang est accusé d’avoir mis fin aux jours de son épouse le Dr Blanche Ndontsa, le 13 avril 2024. L’homme politique placé sous mandat de dépôt à la prison de Dschang clame son innocence, mais les éléments d’expertise médicale livrés à la récente audience remettent en cause l’idée d’une chute de la défunte dans leur douche conjugale tel qu’argué par l’accusé.
Chanelle NDENGBE
