AU CAMEROUN 70% DES DEPENSES DE SANTÉ SONT SUPPORTÉES PAR LES MENAGES

Malgré ce pourcentage investi par les familles pour se soigner, la mortalité maternelle demeure un problème de santé publique.

Les statistiques à date font état de 406 décès maternels, pour 100 000 naissances vivantes, selon Noémi Dalmonte, la représentante adjointe du Fonds des Nations Unies pour la Population au Cameroun. Situation qui est à l’origine du Planning Familial 2030. Il s’agit d’un programme lancé la par le ministre camerounais de la santé le Dr Manaouda Malachie, visant «à assurer aux jeunes filles et aux femmes le droit de planifier clairement leur processus de procréation afin de limiter notamment les risques de grossesses indésirées et de mortalités maternelles dus à l’absence des mesures de protection de la femme».

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Début de l’atelier sur le plaidoyer SMART

La situation sanitaire au Cameroun nécessite une forte mobilisation

En 2012, 2018 et 2019, plus de 70% des dépenses de santé étaient assumées par les ménages, informent les chiffres du ministère de la santé publique. Une situation qui ne contribue pas à l’épanouissement des familles et qui serait d’actualité en 2023, car toujours selon les experts, sur «380 femmes qui tombent enceintes, 190 ne l’ont pas souhaité, 110 ont des grossesses compliquées ».

Cette situation s’explique non seulement par l’ignorance des méthodes efficaces de contraception, mais aussi et surtout par le manque d’accès aux produits de santé reproductive, d’où l’importance d’une mobilisation des ressources domestiques. Il est admis que « la planification familiale peut réduire jusqu’à 40% la mortalité maternelle », affirme Noémi Dalmonte. Mais les produits qui alimentent cette planification nécessitent également des financements.

Des initiatives engagées dans ce sens par le gouvernement camerounais ont porté quelques fruits, notamment la signature d’un partenariat qui fait mobiliser des fonds pour l’accès aux gammes de produits de santé reproductive. La somme de 2. 027 180 dollars est en cours d’exécution à cet effet, dans le budget de l’UNFPA.

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Participants à l’atelier

La nécessité des synergies dans la lutte contre la mortalité maternelle, les grossesses compliquées et indésirées

Assurer la santé reproductive des femmes et des filles au Cameroun passe en effet par la jonction des différentes instances du secteur privé ou public. Ainsi à côté du ministère de la santé, la société civile, même les organes traditionnels sont convoqués. Dame Tsemo Valerie, membre de la société civile, cheffe des programmes de l’organisation Femme Santé Développement (Fesade) reconnait l’importance que le Minsanté accorde à cette coopération et les fruits que porte cette dernière. « De plus en plus, ces communautés s’intéressent aux questions de santé vu que les chefs traditionnels sont suffisamment impliqués dans les activités, ils prennent le guide pour mettre eux-mêmes en application les différentes méthodes préconisées », révèle dame Tsemo.

Toutes ces informations sont issues d’un atelier qui a débuté le lundi 3 juillet 2023, s’est achevé le vendredi 7 juillet 2023, dans l’optique d’une «formation sur l’approche de plaidoyer SMART pour la mobilisation des ressources domestiques». Une initiative de l’UNFPA, le partenaire du Cameroun en matière de santé reproductive en association avec Supplies.

Chanelle NDENGBE

 

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