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COTE D’IVOIRE: UNE FEMME BATTUE RECLAME LA LIBERATION DE SON EPOUX APRES UNE CHUTE DU TROISIEME ETAGE

C’est une situation que les féministes essaient de tourner dans les tous les sens depuis hier, sans rien y comprendre.

En effet, la jeune Mamie Adjoua présentée comme victime de violences conjugales a publié une vidéo hier dans laquelle elle supplie les membres du gouvernement et toute personne pouvant lui venir en aider de libérer son compagnon. «Mon mari n’a rien à voir dedans … C’est sous l’effet de l’alcool que tout cela est arrivé, il ne m’a pas poussée, il ne m’a pas frappée… Je vous en supplie le ministre me regarde, Président, je vous en supplie libérez mon mari, il est innocent », implore-t-elle dans la vidéo.

Vidéo de Mamie Adjoua

Face à son refus de déposer une plainte contre celui qui est pointé du doigt comme son bourreau, les réactions ne se sont pas fait attendre. «Façon tu m’énerves là je ne peux pas l’exprimer … tchrrr. C’est à cause de vous que les hommes ne nous respectent pas», écrit une internaute, « Toi-même tu iras en prison pour plongeon en plein couvre-feu », commente une autre.

Mais en face il y a d’autres réactions plus pondérées. Il y a ceux qui conseillent, parfois dans un style très décalé «Le nouveau feuilleton au pays s’appelle « la fille du balcon »! J’espère que ça servira à certaines pour comprendre que la sortie, c’est par la porte en la claquant et non en foutant sa vie en l’air pour quelqu’un pour qui tu ne représentes rien en réalité !», publie un homme.

Enfin les défenseurs des droits des femmes disent ne pas se laisser distraire par ce genre de situation, qui est tout à fait normal, dans le cycle des violences domestiques. «C’est pour ce genre de femme que je me bats et je me battrai toujours. Regarde comment tu es frêle, tu n’as même plus ta tête. Hier tu disais que tu as confondu la porte au balcon, après tu as dit que tu étais tellement soûlée que tu es sortie en tenue d’Adam pour aller te cacher à l’église. Tu es encore venue nous dire que tu voulais aller chez tes parents cette nuit comme il ne voulait pas tu as tenté de fuir. Aujourd’hui tu dis il a voulu te sauver ! Yako petite sœur! C’est le prototype des femmes violentées et cela répond pertinemment à ma formation sur les Violences domestiques. » a posté l’activiste Marie-France Kouakou.

Sous l’emprise de son bourreau donc, ainsi pourrait-on dépeindre la situation de Mamie Adjoua, 24 ans. Certains ont posé la question sur ses moyens de subsistance parce que l’absence d’autonomisation pourrait justifier ce retournement de situation.

La scène

En rappel dans la nuit de vendredi à samedi, Mamie Adjoua a été copieusement battue par son compagnon d’après le témoignage du voisinage. Un « châtiment corporel » qui aurait duré en moyenne 1 heure et 30 minutes. Elle a essayé de s’enfuir pour se réfugier dans une église, mais, a été rattrapée par son tortionnaire. Dans cette confusion, elle s’est retrouvée suspendue dans le vide, son compagnon lui tenant le bras en lui demandant de remonter. Situation complexe, elle a fait une chute, à partir du troisième étage et a été conduite dans une clinique de Yopougon, une commune du district d’Abidjan. L’homme a été interpellé, il est entre les mains de la police, aujourd’hui, elle réclame sa libération.

Chantal Mveng

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