Moins de 48 heures après le kidnapping du couple présidentiel vénézuélien par les Etats-Unis, la Présidente du Venezuela par intérim, Delcy Rodriguez a évoqué une collaboration avec Washington au cours du conseil des ministres.
C’est une surprise pour plusieurs, la volonté affichée par Delcy Rodriguez de collaborer avec les Etats-Unis, alors que samedi à la suite de l’opération militaire qui a abouti à l’enlèvement du couple Présidentiel vénézuélien piloté par Donald Trump, la Vice-présidente avait déclaré que Nicolàs Maduro restait « le seul Président légitime du Venezuela » et que le pays ne sera jamais la « colonie » de personne. Une réplique au Président américain qui a affirmé que les Etats-Unis devront assurer la gouvernance de ce pays d’Amérique du Sud en attendant la mise en place d’une transition « sûre ».
Reconnue Présidente par intérim dimanche, au lendemain du kidnapping du Président Maduro et son épouse Cilia Flores, Delcy Rodriguez a tenu son premier conseil des ministres au cours duquel elle a invité Washington à étudier un agenda de collaboration basé sur un « développement partagé ». « Nous invitons le gouvernement américain à travailler conjointement à un agenda de coopération, axé sur le développement partagé dans le cadre du droit international, afin de renforcer une coexistence communautaire durable ».
Crac face aux menaces de Donald Trump?
Par cette proposition, la Présidente vénézuélienne par intérim céderait aux menaces de Donald Trump qui, réagissant à l’ultimatum de Delcy Rodriguez, avait déclaré qu’elle subirait un sort, pire que celui de Nicolas Maduro « si elle ne fait pas ce qu’il faut ». C’était un missile virtuel de plus que le Président américain lançait ainsi sur le Venezuela après avoir affirmé que les Etats-Unis étaient désormais « aux commandes ».
Echec de la communauté internationale ?
Alors que des leaders de l’opposition saluent la fin d’une dictature, des pays dont la Russie ont affiché leur soutien à Maduro et exigé sa libération. Pendant ce temps, plusieurs acteurs s’interrogent sur le rôle de la communauté internationale face à une » violation flagrante du droit international ». Après cet assaut militaire au Venezuela ayant conduit à l’enlèvement du couple présidentiel, les Nations Unies tout comme l’Union Africaine ont exprimé leur inquiétude pour le respect du droit international, mais sans prendre des mesures concrètes. L’engagement des négociations de Delcy Rodriguez avec Donald Trump est considéré pour plusieurs activistes politiques comme un nouvel échec des Nations Unies dans le règlement des tensions internationales.
Après leur kidnapping, Nicolas Maduro, 63 ans et son épouse Cilia Flores, 68 ans, ont été traduits devant la justice américaine pour trafic de drogue et terrorisme. Le Président vénezuelien comparait à New-York devant un juge dans le cadre de ces accusations.
Chanelle NDENGBE
