Une casse importante a eu lieu le vendredi 11 juillet 2025 au marché des femmes situé à proximité du marché central, mettant plus de 1000 commerçants dans la désolation à l’approche de la rentrée scolaire.
Sur les lieux où Griote s’est rendu pendant la destruction, les voix s’accordent à dire que plus de 1000 commerçants ont perdu leurs locaux. Des commerçantes expriment leur choc face à ce qu’elles croyaient être des rumeurs.
La nouvelle de la destruction de cette zone commerciale aurait circulé au cours de cette semaine. Certains n’y ont pas fermement cru et même les renseignements chez le sous-préfet de cet arrondissement de Douala 2e n’auraient pas sorti les commerçants du doute.
« Les gens disaient ça ici en semaine, mais on a pas reçu un quelconque mot, en tout cas moi je n’ai pas reçu. On croyait même que c’était des rumeurs. Nous sommes allés voir le sous-préfet pour la vraie information, mais il nous a dit qu’il n’est au courant de rien »,
révèle une vendeuse de vêtements.
Assise près de sa marchandise, cette femme de la quarantaine dit se sentir impuissante. » Est ce qu’on discute avec le gouvernement ? On va faire comment ? Qu’est ce qu’on peut bien faire? », questionne-t-elle.
D’autres femmes ont passé la nuit au marché pour proteger leurs marchandises, même si au fond d’elles, elles voulaient que ce soit une fausse nouvelle.
« Moi j’ai dormi ici. Il y avait déjà les mouvements. Nous sommes les premières à récupérer nos marchandises. C’est nous qui appelons d’autres que c’est réel, c’est vrai. On casse vraiment. Ce n’est pas les blagues, malheureusement à 6 h une bonne partie était déjà rasé. »,
rapporte une quinquagénaire qui vend des Kabas.
D’autres commerçantes et des commerçants d’articles de femmes disent être surpris par cette destruction. Pour certains précisément, même s’ils savaient pour les projets urbains, ils se doutaient de leur départ, mais ils souhaitaient être avertis quelques mois avant, ce qui n’aurait pas été le cas.
« Moi je ne comprends pas. Même si on doit partir, c’était prévisible il y a un moment, mais on devait nous dire ça formellement, nous prévenir même trois mois à l’avance. Est ce que c’est facile de recommencer à chercher un autre espace comme ça ? Non ce n’est pas facile. »,
clame une autre commerçante.
Ainsi à deux mois de la rentrée scolaire, des milliers de commerçants sont bouleversés à Douala, des dispositions n’auraient pas été prises pour les recaser ailleurs, ce qui les met en détresse et révolte un partie de l’opinion publique.
Chanelle NDENGBE
