Une étudiante de l’Université de Yaoundé 1, victime de harcèlement sexuel, était menacée par son enseignant qui lui avait promis le pire si elle ne lui cédait pas son corps.
L’histoire remonte au mois de février 2026. Elle a éclaté sur la toile après la demande d’aide de la victime auprès de Bibiche Kound, militante de la santé mentale. L’étudiante du département de sociologie affirmait être victime de harcèlement sexuel.
Âgée de 23 ans, la jeune femme a perdu son père lorsqu’elle avait 19 ans, et l’épouse de celui-ci l’a mise dehors. Vivant dans la précarité, elle habitait une chambre dans un chantier abandonné au quartier Nkomo, dans la ville de Yaoundé, et travaillait comme vendeuse dans une entreprise. Cherchant une écoute, elle s’était confiée à son enseignant de 42 ans, qui l’avait convaincue de lui donner sa virginité. Cela étant fait, la figure paternelle a cédé la place au bourreau : l’homme est ainsi devenu insatiable. Essayant de se plaindre auprès de ses proches, elle a été blâmée et, prise de dépit, elle a abandonné ses études.
En 2026, elle a décidé de reprendre ses études en Master 2, mais le même enseignant exigeait à nouveau des rapports sexuels. Elle disait avoir honte et peur dans un système où un réseau de harcèlement sexuel semble établi dans nos universités.
Après s’être confiée à Bibiche Kound, elle est revenue quelques jours plus tard la supplier de ne plus en parler. Or, le relais de la dénonciation avait également été pris par les équipes de Griote, et l’on apprenait ainsi que l’enseignant indexé était coutumier des faits. Son visage a été diffusé sur les réseaux sociaux, puis plus rien.
En ce mois de juillet 2026, celle qui est désormais une survivante de violences sexuelles a annoncé avec joie qu’elle a terminé la rédaction de son mémoire de Master 2 et qu’elle va bientôt soutenir. « Cet enseignant m’a laissée tranquille après vos publications. Je vous remercie du fond du cœur… Merci encore d’avoir cru en moi », a-t-elle adressé comme message de remerciement à Bibiche Kound. Concernant l’enseignant harceleur, elle précise : « Il a été écarté par ses collègues, et plusieurs étudiants ont refusé son encadrement car d’autres parents avaient lu les publications. Lorsqu’il me voyait, il changeait de chemin, alors qu’avant, il riait. »
Une actualité qui vient ainsi encourager les victimes de harcèlement à briser le silence.
Chantal Mveng
