Les mamans disent non au vaccin, Jean Marc Ngoss a écrit au chef de l’Etat, dans l’opinion, on pense que le Gardasil causerait la stérilité des enfants.
Au sein des familles, l’on voit un projet machiavélique, surtout en ce moment où règne la méfiance d’une volonté de tester des vaccins sur les africains.
Pour certains parents ce vaccin rendrait leurs filles malades. «Avant de vacciner mon enfant, ils doivent me prévenir. Ils pensent aimer nos enfants plus que nous-mêmes?», laisse entendre Georgette mère d’enfants. Elle estime que l’autorisation des parents devrait être obligatoire.
«Il est inadmissible que les enfants meurent tous les jours du palu, du choléra, dans nos hôpital par manque de soins, ils viennent prévenir le cancer du col de l’utérus», dénonce une autre femme. Pour cette dernière ce n’est pas une priorité encore que ce vaccin est gratuit. Elle ajoute d’ailleurs que ce vaccin pourrait rendre les enfants stériles.

Des hommes politiques dénoncent ce projet de vaccination qui vise 339.908 fillettes de 9 ans et qui se prépare sur l’ensemble du territoire, du 23 au 27 septembre prochain. Jean Marc Ngoss, Président national du Parti de l’Esprit d’Avril 48, a adressé une correspondance à Paul Biya, pour implorer l’annulation de ce vaccin. «Excellence, Monsieur le Président, nous vous prions de mettre en avant une fois encore, le bien-être des Camerounais, en suspendant cette campagne de vaccination à venir contre le cancer du col de l’utérus et les autres infections liées au Papillomavirus Humain (HPV) sur nos fillettes de 9 ans, et l’histoire vous sera reconnaissante», a écrit l’homme politique.
La polémique autour de ce vaccin se reflète même au niveau des sources d’informations.
Pour produire cet article, nous avons contacté des cancérologues qui ont refusé de se prononcer sur le sujet.
Le vaccin à problème semble être dangereux selon certains spécialistes de la médecine. Lors de notre enquête nous avons eu Dr Charles Hopson au téléphone, il est médecin orthomoléculaire et certifie de la nocivité du Gardasil. «Oui c’est dangereux, au vu des recherches que nous avons menées dans les pays où cette vaccination avait été précédemment administrée». Le spécialiste cite en passant les pays dans lesquels ce vaccin a été administré et a provoqué des effets secondaires aux femmes. «France, Japon, Angleterre, Australie et bien d’autres encore». Dr Hopson explique que tous les vaccins contiennent des métaux lourds tels l’aluminium, le mercure, le fer, qui sont dangereux pour la santé.
Au Japon, par exemple, 1 968 cas d’effets indésirables signalés sur plus de trois millions de jeunes filles vaccinées depuis 2009, ont conduit le gouvernement en juin 2013 à ne plus recommander cette vaccination. Et en France, à partir de 2013, plusieurs jeunes femmes ont rallié l’apparition de leur maladie neurologique à l’injection du vaccin. Certaines, âgées de 18 à 24 ans, disaient avoir contracté des maladies très invalidantes dans les semaines et les mois qui ont suivi la vaccination. Elles ont déposé des plaintes pour : «atteinte involontaire à l’intégrité de la personne et tromperie aggravée, blessures involontaires, violation d’une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention».

Mais en octobre 2015, le Parquet de Paris avait classé sans suite la première enquête sur le vaccin Gardasil considérant qu’il n’y avait pas de lien entre le vaccin et les maladies auto-immunes développées par les plaignantes.
A l’échelle mondiale le cancer du col de l’utérus est la deuxième cause de cancer chez les femmes. On comptait en 2018 à peu près 311000 décès dû à cette maladie. Et environ 85% de ces décès sont dans les pays à revenus faible.
Le Cameroun n’est pas a son premier essai du Gardasil
Ce vaccin avait déjà été testé sur les fillettes en 2014, à Foumban et à Edéa. Le Gardasil Project avait été mis en œuvre à Bamenda et à l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé dans un cadre privé.
« Cette phase pilote à eu lieu dans deux districts de santé à Foumban qui a une population homogène et le district de santé d’Edéa avec une population cosmopolite. Je peux bien vous assurez que les résultats qui ont été obtenus lors de cette phase étaient très satisfaisants », affirme Leonard Ewané, épidémiologiste de terrain, notre interlocuteur à la délégation régionale de la santé pour le littoral. Il faisait d’ailleurs partie de l’équipe ayant procédé à la vaccination des jeunes filles âgés entre 9 et 13 ans à Edéa en 2014. Selon lui, les résultats de cette phase de démonstration étaient impeccable et c’est donc à partir de là que le Cameroun a décidé d’introduire ce vaccin.

Pour Leonard Ewané, le vaccin contre le col de l’utérus dénommé Gardasil a également fait ses preuves dans d’autres pays. Il justifie cela par la baisse du taux de prévalence. C’est un vaccin validé, c’est un vaccin fiable, que d’autres pays ont introduit. L’introduction de ce vaccin dans d’autres pays a montré ses preuves par rapport à la baisse de la prévalence du cancer du col de l’utérus et nous pensons que c’est un vaccin qui est le bienvenu au Cameroun». Le coordonnateur régional du PEV (programme élargi de vaccination) pour le littoral cite en passant le Zimbabwe et le Sénégal.
La cible est un facteur inquiétant pour les populations
Ce vaccin au Cameroun a pour cible les filles de 9 ans. Selon les experts, c’est l’âge indiqué car, elles ne sont pas sexuellement actives. «Avec d’autres facteurs, le Cameroun a choisi la tranche d’âge pour étudier ce vaccin étant donné que dans le contexte camerounais, ce ne sont que les jeunes filles de cet âge qui ne sont pas encore sexuellement actives», certifie un cancérologue qui a requis l’anonymat.
L’activité sexuelle étant un facteur étant un facteur de la non-éfficacité du vaccin.
Pour le moment, le Gardasil est regardé avec méfiance par les populations, les explications des médecins ne venant pas arranger les choses.
Rachèle KANOU
