www.griote.tv

PROCES SUR L’AFFAIRE DES GALETTES EMPOISONNNEES DE NEW-BELL: UNE FEMME SUR LE BANC DES ACCUSES

La récente audience a été marquée par une manifestation pour la libération du prévenu et pour l’arrestation d’une dame soupçonnée par la famille des victimes.

Sur les T-shirts à l’effigie d’un jeune homme, l’on pouvait lire : Liberté pour Kongolo ! Kongolo est en réalité le fabricant et distributeur de galettes arrêté et incarcéré suite aux décès de deux fillettes qui avaient consommé ses galettes. Un an après le drame, l’affaire est en procès au tribunal de grande instance (TGI) de Douala-Bonanjo, mais les familles des victimes croient en l’innocence du prévenu et exigent l’arrestation d’une autre suspecte.

L’affaire dite des galettes empoisonnées a était en audience, le jeudi 11 juin 2026. Arborant un T-shirt de couleur rose, Kongolo était dans le rang des prisonniers avant d’être appelé à la barre. Il maintient son innocence et ses voisins, y compris les familles des victimes, soutiennent que ce ne sont pas ses galettes qui ont tué Makéda Kengne (5ans) et Rose-Gloria (3 ans), mais un repas mangé chez une voisine peu avant la consommation des galettes.

Les résultats de l’autopsie confirment que les fillettes sont décédées à la suite d’un empoisonnement, selon les révélations du père de l’une des victimes à notre micro. « L’autopsie a révélé que les enfants ont été empoisonnées par l’aluminium utilisé pour éradiquer les rats dans des entrepôts », a déclaré sieur Remond Tampo Soffo. Les deux enfants voisines au quartier New-Bell avait aussi mangé du riz, sauce arachide chez leur voisine d’en face. Un constat alarmant à ce domicile avait conduit à sa mise sous scellé et aussi à l’arrestation de la maitresse des lieux, tout comme le distributeur des galettes. Mais cette dernière avait très vite été relaxée. Une situation qui a laissé les familles des victimes dans l’incompréhension totale au regard de nombreux éléments qui incrimineraient cette dame et innocenteraient le distributeur de galettes. « Des deux accusés dans cette affaire Kongolo, le monsieur des biscuits et Joyce Stéphanie, la dame chez qui les enfants ont consommé ce poison, elle a été curieusement relaxée et on a envoyé Kongolo en prison…Certains sont libres et ils se baladent, ils se pavanent, et un innocent est en prison », s’indigne le papa de la défunte. L’audience reportée encore ce jour pour non-connaissance du « fond du dossier » au niveau du ministère public intrigue davantage le père de famille qui s’interroge sur la raison de la rétention de la vérité. « Jusqu’à présent nous ne savons pourquoi la vérité ne veut pas être dite sur cette affaire. Je ne suis plus en moi. Même sur le plan professionnel j’ai signé des contrats que j’ai perdus à cause de cette affaire. Vous imaginez, vous avez un procès, vous êtes partie civile, vous êtes plaignants. C’est vous qui passez tout votre temps à Bonanjo, les accusés eux viennent quand ils veulent. Ils se moquent des gens. Mieux encore depuis ce 24 juin, ils ont fui le quartier, ils n’y ont plus jamais remis les pieds ».

Cette affaire remonte en effet au 24 juin 2025 lorsque trois jeunes sont pris de malaise et conduits aux urgences après consommation des galettes, à New-Bell, près du foyer culturel Bandjoun, dans le 2 e arrondissement de la ville de Douala. Les plus jeunes Rose-Gloria, 3 ans, et Makéda, 5 ans, sont  décédées, tandis qu’une autre patiente âgée de 19 ans, Patricia Mbella, nièce de la dame accusée, qui a eu la vie sauve après plusieurs jours en soins intensifs. La panique s’est installée dans le quartier suite à ce tragique incident. Craignant une intoxication alimentaire par les galettes, les autorités administratives ont instruit la prise en charge de toutes les personnes qui ont consommé les galettes, car Kongolo avait pour habitude de faire du Sadaka avec les galettes, c’est-à-dire distribuer gratuitement. L’hôpital de district de New-Bell et celui de Laquintinie ont ainsi accueilli une centaine de personnes, mais seulement les trois filles ont été retenues, les plus jeunes pour la morgue, et Patricia pour des soins après un nettoyage gastrique au cours duquel elle a rejeté abondamment du riz, qui serait le même mangé par les fillettes au domicile de la femme accusée ou vivait aussi Patricia Mbella. Sieur Tamfo explique. « L’hôpital de district de new-bel a enregistré ce 24 juin 17 cas, dont deux décès : ma fille Makéda et Gloria. L’hôpital Laquinitine a reçu 94 cas où tous les cas sont ressortis sains et saufs le même jour excepté de cas de Patricia Mbella qui avait été transportée de l’hôpital de district de New-Bell pour Laquinitinie. Elle a passé quatre jours en observation et tous les autres sont sortis indemnes.  Il ne faut pas être un enquêteur pour comprendre. Parce que ma fille Makéda et Gloria dans cette maison-là, ont consommé le même aliment que Patricia Mbella. Quand Mbella Patricia qui est la nièce de cette Joyce Stéphanie arrive à l’hôpital, l’hôpital ayant déjà un indice qu’elle a consommé quelque chose, commence à lui faire un nettoyage gastrique. Elle a rejeté le riz en très grande quantité ».

Un autre fait intriguant rapporté par sieur Tampo et que nous avons-nous même constaté sur le terrain au début de cette affaire, c’est que le chien du domicile de dame Joyce Stéphanie est décédé dans sa cage. Il aurait mangé le même repas que les défuntes et Patricia la survivante.

Près d’un an après cette tragédie, les familles des victimes ne demandent que justice. « Nous avons perdu nos enfants. Elles ne nous reviendront plus jamais. Mais au moins que justice soit faite. Et que l’innocent puisse recouvrer sa liberté », martèle sieur Tampo qui espère que la prochaine audience fixée au 9 juillet sera satisfaisante dans ce sens.

Chanelle NDENGBE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
Top