Le projet lancé par le ministère camerounais en charge de la femme et le programme des Nations-Unies Unies pour le développement s’inscrit dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
La capitale politique du Cameroun, Yaoundé a accueilli le lancement du projet « Save spaces strong voices against GBV ». C’était au cours d’une cérémonie marquée par les présentations de rapports, de propositions et suggestions relatives à la situation et à la prise en charge des survivantes aux violences basées sur le genre(VBG) au sein des espaces refuges, mais aussi de trouver des réponses appropriées à leurs situations.
54% de femmes victimes de violences depuis l’âge de 15 ans, l’urgence des solutions viables
Le projet « Espaces sûrs, voix fortes contre les VGB (Violences basées sur le genre) » au Cameroun est une initiative Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à travers son partenariat avec le Cameroun. Au cours du lancement officiel le 24 février dernier, le représentant du PNUD, sieur Martin Hart-Hansen a fait le rappel de certains chiffres relatifs aux violences faites aux femmes. 54% des femmes ont subi des violences de différentes formes depuis l’âge de 15 ans, soit plus de la moitié des femmes. Un chiffre alarmant qui rend compte de l’insécurité des femmes et des filles. Une insécurité qui se manifeste en tout lieu, comme l’a signalé le représentant du PNUD. «La violence est présente partout, dans les zones de conflit comme dans les zones en paix. Dans les centres urbains comme dans les communautés rurales. La violence se produit dans les foyers, sur les lieux de travail… Dans les écoles et les universités. Certaines de ces violences sont cachées et d’autres sont publiques», déclare sieur Hart-Hansen. Certaines survivent aux tentatives de féminicide, aux viols et à toutes autres formes de violences, mais n’échappent pas au traumatisme laissé par celles-ci. Que deviennent donc toutes ces survivantes de violences basées sur le genre ? reçoivent-elles l’accompagnement approprié pour leur réhabilitation ?
La réponse de Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la promotion de la femme et de la famille (Minproff) est claire que Non. Elle informe que le Minproff ne dispose que de 45 centres d’accueil des victimes de violences. «45 espaces refuges dont dispose le Minproff sur l’ensemble du territoire national. Cela signifie donc que la demande est large », reconnait la patronne du Minproff. Le même malaise est éprouvé dans le secteur privé. La journaliste Clarence Yongo, promotrice de Griote, média spécialisé sur les sujets liés aux femmes et enfants a rendu compte de la difficulté à trouver des voix de recours pour répondre aux besoins des victimes de violences. C’est ainsi que l’initiative du PNUD veut favoriser la création et la multiplications d’espace solides pour redonner la vie symbolique aux victimes est bien accueillie au Cameroun. « Nous sommes très contents d’être à cette cérémonie de mobilisation des partenaires pour la création d’autres espaces refuges afin qu’on puisse assurer une meilleure couverture du territoire national parce que plus le temps passe, plus le besoin en ces espaces…se fait sentir », a déclaré la ministre.
La nécessité de briser le silence
La prise en charge de la victime survivante dépend d’elle-même. Que la violence se produise dans le cadre conjugal, familial, professionnel ou scolaire, femmes et filles devraient être en mesure de dénoncer les violences qu’elles subissent afin de recevoir le secours approprié. C’est un message particulièrement porté par l’ex championne olympique Françoise Mbango, présente à la cérémonie de lancement du projet. « Ce que je souhaite c’est de dire aux jeunes femmes et aux jeunes filles victimes qui ont la capacité de s’exprimer, de parler. Ne vous taisez plus ! Exprimez-vous …Arrêtons de nous taire, il faut parler. Il y a au moins quelqu’un à qui ont peut faire confiance. Ça peut être la maman, ça peut être la grand-mère, ça peut être la meilleure amie, ça peut être quelqu’un d’autre », a recommandé l’athlète.
La dénonciation est en effet une arme pour prévenir le féminicide. Les chiffres de Griote de 77 cas de féminicides au Cameroun pour l’année 2024 et plus de 20 cas à date pour l’année 2025 en disent long sur l’ampleur du féminicide dans le pays. L’urgence est donc pour la femme et les organes compétents de veiller à l’éradication de ce phénomène traumatisant pour les familles et la société.
Chanelle NDENGBE
