FÉMINICIDE À YAOUNDÉ  : LE MILITAIRE ACCUSÉ D’AVOIR TUÉ SA COMPAGNE ÉTAIT CONNU POUR SES ACTES DE VIOLENCES

Adèle Zang s’en est allée dans des circonstances pour le moins mystérieuses et son compagnon a été surpris avec sa dépouille emballée dans un sac plastique enfoui dans un matelas. 

Au quartier Nkolodom à Yaoundé le 22 mars 2025, une scène digne d’un film d’enquête criminelle a été vécue par les populations aux environs de 22 heures. Adèle Zang Messi, inerte était transportée comme un bagage, à bord de la moto de son compagnon, le caporal-chef Tine Christian Japhet.

Sur la route non goudronnée, en pleine nuit, l’engin à deux roues peinait a affronter le chemin, renversant le colis à bord. Colis que les riverains venus porter secours ont trouvé suspect, aiguisant ainsi leur curiosité c’est le corps ensanglanté d’une femme, emballé dans un sac plastique et enfoui dans un matelas qui est découvert. L’homme sera passé à tabac après cette découverte et transporté ensuite à l’hôpital militaire de Yaoundé.

Les recherches sur l’identité de la défunte ont révélé qu’il s’agit d’Adèle Simone Zang Messi, la compagne du soldat. La rédaction Griote est entrée en contact avec des proches et membres de la famille de la défunte. Nous apprenons qu’elle avait 29 ans et maman de deux petits enfants dont une petite fille avec son bourreau. Ce qui s’est passée dans la nuit du 22 mars avant la découverte macabre reste un mystère. Mais les proches de la défunte s’accordent à dire qu’Adèle était régulièrement victime de violences conjugales. Un proche nous apprend que son compagnon lui aurait souvent promis la mort. «Le militaire est connu pour ses actes de violences répétitives sur la feu Zang, et apparemment il lui aurait même déjà promis la mort, ce qui est malheureusement arrivé », nous informe un proche à la défunte. Il est rajouté à cette situation que l’homme en tenue revenait du Nord-ouest où il aurait « assassiné des gens là-bas ». Par ailleurs sa sœur nous renseigne : «maman ne voulait plus de cette relation. Il était agressif avec sa compagne, violent ». Des témoignages qui font penser que le caporal-chef aurait tué sa compagne même si on ne sait pas ce qui s’est réellement passé avant la découverte macabre. La défunte baignait dans son sang quand elle a été découverte, mais on ignore si elle avait des traces de bastonnade ou de tir à arme à feu. La famille n’a pas pu voir le corps de leur fille et sœur. « Quand la famille est arrivée on avait déjà gardé le corps. Les photos que le commandant nous a montrées, elle était emballée dans le matelas », nous dit sa sœur.

Cette nuit du 22 mars, les éléments de la brigade de gendarmerie de Nkolodom sont arrivés sur les lieux de la scène macabre et ont récupéré le militaire inconscient du fait des nombreux coups qui lui avaient été administrés par la population en furie. Il a été transporté à l’hôpital de la garnison militaire.

Adèle Zang devient la 21e femme victime de féminicide en 81 jours au Cameroun en 2025, selon la comptabilité de Griote. La mère de deux enfants devient également le 11e cas de féminicide lié aux violences conjugales.

Chanelle NDENGBE

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