Le décès d’une jeune femme en plein milieu des festivités du nouvel an pourrait être le premier féminicide de l’année 2025 au Cameroun avec des suspicions portées sur son concubin.
Le décès d’Aurélie Morelle Nya Tchanga est survenu dans les circonstances encore non élucidées. Sur le lieu de la découverte macabre,, aucun signe de nettoyage quatre jours après l’incident. Le bazar observé laisse penser à une éventuelle bagarre dans la nuit du 1er au 2 janvier 2025, lieu-dit bâtiment Maetur, au quartier Dakar, dans le 3e arrondissement de la ville de Douala où nous nous sommes rendus.
Après avoir recueilli des précisions sur le lieu du drame et l’identité de la victime à la Police judiciaire de Douala, nous nous dirigeons dans la zone à nous indiquée par la police.
Nous y arrivons avec peu de difficultés et constatons que le voisinage reste sous le choc. Qu’est ce qui est arrivé à Aurelie Morelle Nya Tchanga âgée de 24 ans ? C’est ce que plusieurs aimeraient savoir, même les plus proches voisins. Sa bailleresse qui serait la 2e personne à avoir vu le corps de la jeune femme raconte à notre micro ce qu’elle a vécu. «Le mercredi là je suis sortie ici à 09h30, je l’ai laissée ici. Je suis rentrée le soir (…) Je veux aller me verser l’eau vers minuit après avoir récupéré les enfants à Maetur. Je porte mon seau, je tombe sur son mari, il me dit que : « maman il semble que ma femme est morte hein ». Je dis : il semble que ta femme est morte comment ? J’ai dit : arrêtes ça ! Comme il y avait l’obscurité là derrière, l’ampoule était grillée, je prends mon téléphone, je torche, j’ai vu l’enfant là couchée au sol. C’est là où j’ai crié que woooh, qu’est ce qui est arrivé à l’enfant-ci ?», relate dame Mbiangoup veuve Heumi, bailleresse des lieux.
Face à cette question, le jeune homme donne deux réponses, la première, elle a été empoisonnée, ensuite des bandits seraient venus dans la chambre. « Il me dit maman on a empoisonné ma femme. Je dis on l’a empoisonnée comment ? Elle a vomi ? Il me dit non (…) il me dit encore, elle a les cicatrices sur elle. Les bandits sont venus ici. J’ai dit que les bandits vont venir ici chercher quoi papa ? (…) ». La situation était assez tendue, la patronne des lieux a alerté les autres voisins. Il a été demandé à sieur Nicolas Junior Mbock d’informer la famille de sa concubine, ce que l’homme de 37 ans a refusé, prétextant que sa belle-famille ne l’aime pas et qu’elle va l’accuser d’avoir tué leur fille, d’après les révélations de dame Mbiangoup. Ils sont au nombre de 04 y compris Mbock Nicolas quand ils signalent le décès au commissariat du 8e arrondissement autour de 00h30. Après la déclaration des quatre, la police a fait une descente sur le lieu du drame et a interpellé le concubin de la victime. La famille d’Aurélie Morelle finalement mise au courant l’accuse d’avoir tué leur fille. Les versions incohérentes avancées par Nicolas ne joueraient pas en sa faveur, une raison de son interpellation. «A moi il me dit qu’il est sorti depuis le 31, il vient de rentrer, à la famille de la fille il dit qu’il n’a pas dormi à la maison depuis 03 jours», révèle la bailleresse.
Ce qui s’est passé avant cette découverte macabre échappe à tous les voisins, personne n’a rien vu ni rien entendu. « Même si elle avait crié tout le monde était à la fête devant, tel que leur chambre est derrière là-bas, toi ici devant tu ne pouvais pas comprendre », indique une autre voisine. « Seul Dieu, Aurélie qui est morte et son mari qui est encore en vie savent ce qui s’est réellement passé. Moi je suis seulement venue trouver son cadavre », déclare dame Mbiangoup.
Aurélie Morelle était selon sa bailleresse une fille très timide et soucieuse de son avenir. C’est à cet effet qu’elle avait décidé de reprendre ses études. Elle était justement candidate libre au probatoire. « Elle m’avait dit : maman, il faut que j’ai le bac. Partout où je cherche le travail on me dit seulement que si j’avais au moins le bac. C’est ainsi qu’elle allait maintenant tous les jours au cours à 16h, elle me laissait son enfant qui est à la maternelle. Elle cherchait d’abord le probatoire, ses camarades qui étaient ici ont dit qu’elle est sortie 2e au premier trimestre », renseigne la maîtresse des lieux. Aurélie Morelle ne réalisera pas son rêve, elle s’en est allée, laissant un garçon de 5 ans. Sa famille profondément attristée avait essayé en vain de la sortir de son ménage, mais les voisins ignorent la raison. Ils disent n’avoir jamais suivi des coups, mais des disputes et des pleurs de la jeune femme.
L’enquête a été confiée à la Police judiciaire. Le trentenaire est placé en garde à vue en attendant que lumière soit faite sur l’affaire.
Chanelle NDENGBE
