Elle s’en est donc définitivement allée, inhumée dans la grande douleur après l’horrible meurtre qu’elle a subi dans son domicile.
Nous parlons ici de la défunte Nzie Ngoulou Françoise Madeleine, veuve Mbassa, elle était née le 23 février 1963 à Yaoundé. La commerçante vivait une vie paisible jusqu’au 19 avril 2025, lorsque sa dépouille a été découverte au quartier dernier Poteau Mimboman. C’était donc une scène d’horreur, la commerçante était inerte.
Le lundi 05 mai 2025, le comptoir en planches de Françoise est orphelin de sa tenancière, il est resté vide comme c’est le cas depuis près de trois semaines. La commerçante de vivres au marché carrière de Nkoabang a été lâchement assassinée par son compagnon le 19 avril dernier. Malgré les jours qui passent, ses collègues et amies font difficilement le deuil de cette femme dont la carrure forte contrastait avec son extrême gentillesse. » C’est très difficile pour nous. Mama Françoise était tellement maternelle avec moi…c’est elle qui m’a appris le commerce. » Nous confie Christianne, une jeune vendeuse de vivres frais qui se présente comme l’ancienne protégée de la défunte. » Il y’a des clients qui ont même demandé de ses nouvelles ce matin et qui n’arrivaient pas à croire qu’elle est morte » nous lance-t-elle tête baissée avant de nous relater les préludes de l’horrible scénario qui s’est terminé par l’assassinat de dame Ndzie Ngoulou Françoise Madeleine.
Selon ses dires, Mama Françoise est venue au marché le jeudi 17 avril accompagné de Michel Ongolo, celui qui allait finalement lui ôter la vie 48 heures plus tard. « C’était la première fois que je le voyais et elle m’a juste dit que c’est le père », affirme Christianne.
L’attitude des deux amants ne laisse présumer aucun malaise. Un témoin affirme même que le couple avait l’air de bien s’entendre. « De ce que moi j’ai vu, le type était responsable et c’est comme si Mama Françoise et lui étaient bien ensemble » affirme notre témoin qui a préféré garder l’anonymat. Vendredi matin, Françoise tient normalement son commerce et parle avec les autres vendeuses, dans la sympathie habituelle qu’on lui connaît. Apparemment…tout va bien.

Les premières peurs apparaissent le lendemain, samedi Saint. Il est plus de 10h du matin et Françoise n’est pas encore arrivée au marché. Par précaution, Christianne installe la marchandise. « Elle n’est jamais absente et je me suis dit qu’elle arriverait d’un moment à l’autre » nous explique t-elle. Des heures passent, Françoise n’est toujours pas là. Christianne décide alors de lui passer un coup de fil. À l’autre bout du téléphone, c’est un homme qui répond. Il pretend être un conducteur de taxi et affirme d’un ton rassurant qu’il aurait transporté Françoise la veille et qu’elle aurait laissé glisser son téléphone entre les sièges du vehicule.
Le sixième sens de christianne la tance mais pour elle, rien ne justifie la moindre peur car en face, son interlocuteur lui propose gentiment de venir à sa rencontre pour recuperer le téléphone égaré. Il lui donnera finalement trois rendez-vous auxquels il ne se présentera pas. C’est donc à la suite de ce chassé-croisé suspect que Christianne alerte la famille de Françoise.
Une escorte constituée des membres de la famille appuyés par quelques amis et proches arrivent à Minboman dernier poteau, quartier de résidence de la commerçante. Tout y semble normal, la porte du domicile de Françoise est fermée. Alors qu’un de ses neveux frappe violemment à la porte à plusieurs reprises, aucune réponse ne vient de la bâtisse. Une décision est prise, la porte est cassée. À l’intérieur, le spectacle intrigue : les meubles, la vaisselle, tout a été emporté. Mama Françoise est pourtant la propriétaire des lieux, où pense-t-elle aller ? A-t-elle déménagé ses affaires ? Des questions comme celles-là se posent juste le temps de quelques secondes, le temps de la découverte d’un spectacle macabre qu’offre la chambre à coucher.
Le corps sans vie de la propriétaire des lieux est négligemment couché sur un lit qu’encombrent plusieurs vêtements. À L’observation, son coup est brisé, la présence des ecchymoses sur le corps témoignent que la mort est survenue à la suite de graves coups. Tout de suite, les soupçons se portent sur Engolo Michel. La veille, Françoise se serait ravitaillée en viande pour lui offrir une reception digne de tourtereaux à son domicile, selon les témoignages d’une confidente. Comment ce dîner à la Roméo et Juliette a-t-il pu connaître une telle fin ? Que s’est -il réellement passé ? Même les voisins de la défunte n’arrivent pas à esquisser des réponses à cette question. » La femme là (ndlr :françoise) était très calme, on n’a même jamais su qu’elle voyait quelqu’un » nous confie une jeune femme du quartier qui nous dira par la suite avoir vu un taxi garé devant le lieu du crime au petit matin.

Les forces de l’ordre se sont saisies de l’affaire et Engolo Michel, le principal suspect a été appréhendé. Ndzie Ngoulou Françoise a été inhumée le samedi 10 mai 2025 dans son village à Ngoulmekong. Tuée à 62 ans, elle était mère d’une fille qui vit en Europe.
John Matou
