FÉMINICIDES AU CAMEROUN : QUAND LA SÉPARATION DEVIENT FATALE POUR LES FAMILLES DES VICTIMES

Après les larmes versées à la suite de féminicides, de nouveaux drames naissent dans les familles des victimes entre violences, accidents et tristesse jusqu’au décès.

À Bassamba, la terre s’est refermée sur la petite Marina, moins de deux ans après l’assassinat de sa maman par son père, tandis que la maman de Lydienne Solange Taba, arrachée à la vie par son compagnon sous-préfet, s’en est allée après la prononciation d’un verdict controversé. Des deuils qui pourraient être considérés comme des dommages collatéraux.

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Décès de la maman de Lydienne Solange Taba : la fin d’une vie brisée par le meurtre de sa fille

Dame Nicaise Inimbe Ebemby s’est éteinte le 7 juillet 2025, soit cinq ans après le meurtre de sa fille dont l’affaire a été secouée par une longue procédure judiciaire. Lydienne Solange Taba est cette jeune femme qui a été tuée par son compagnon, l’ex-sous-préfet de la Lokoundjé, dans la nuit du 25 au 26 juillet 2020 à Kribi. L’arme de Franklin Derlin Oyono Ebanga avait dégagé une balle dans sa direction alors que le couple traversait des moments de tension. L’administrateur civil avait fait savoir à sa compagne de 23 ans qu’il ne voulait pas de l’enfant qu’elle attendait selon la famille de la défunte. Cette nuit-là, les proches de Lydienne n’avaient donc pas seulement perdu leur fille, mais aussi le bébé qui grandissait dans son ventre.

Si la maman de Lydienne est décédée des suites d’une courte maladie, sa famille fait savoir qu’elle a surtout succombé à la douleur causée par la mort soudaine et tragique de son unique enfant, associée au traitement juridique de l’affaire marqué par un verdict prononcé en 2023 contre l’ex-sous-préfet. « Ah oui, notre sœur avait perdu tout espoir. La mort de la petite Lydie a dévasté toute la famille, mais ce qui est sûr, c’est que la vraie vengeance est divine et personne n’y échappe ; même sous l’eau, ça te prendra ! », selon un membre de la famille.

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À Bassamba, Marina meurt noyée moins de deux ans après l’assassinat de sa maman par son père

Mardi 29 septembre 2026 a été enterrée la petite Marina Tchopgnia. L’élève de Class 5 à l’école publique bilingue de Bassamba serait décédée par noyade dans l’après-midi du dimanche 27 septembre dans une rivière au quartier Newton à Bassamba, dans le département du Ndé, région de l’Ouest. Le 27 devient donc un chiffre noir pour la famille de la jeune défunte, car le 27 décembre 2024, sa maman avait été brutalement arrachée à la vie. Le visage de dame Mispa, avait fait le tour des réseaux sociaux après que le père de ses enfants l’eut tranchée à l’arme blanche.

Après la fuite du père et son arrestation selon les témoignages locaux, c’est l’encadrement des jeunes enfants du couple qui aurait pris un coup. Marina s’est ainsi retrouvée, on ne sait comment, dans une rivière où elle a perdu la vie — ce que plusieurs appellent un dommage collatéral du féminicide de sa maman.

Plus que les vies de ces femmes qui s’en vont, ce sont des familles entières qui sont brisées. La profondeur du phénomène devrait renforcer la lutte contre les féminicides et sensibiliser les hommes et les femmes, tous membres d’une famille qu’ils souhaiteraient préserver.

Chanelle NDENGBE

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