Dans les écoles primaires que Griote a visitées, 95% des élèves disent avoir consommé de l’alcool, parfois des whiskys en sachet, vendu par des adultes en plein air, une alerte sur la santé de la jeunesse camerounaise.
Si ce 25 décembre 2024 dans les boom-boom shows et autres lieux de divertissement, des patrouilles de police ont dissuadé les adultes de vendre de l’alcool aux mineurs, certains enfants ont trouvé le moyen de faire la fête avec le whisky en sachet vendu à l’air libre, à l’extérieur d’un centre de loisir. C’est le constat établit par les reporters de Griote sur le terrain ce mercredi au quartier PK 11 dans la ville de Douala. Ces enfants faisaient leurs achats, les dissimulaient dans leurs vêtements avant d’entrer sur le site.

Les scandales provoqués lors des fêtes de fin d’année au Cameroun liés à la consommation d’alcool par les enfants et les adolescents, associés aux conséquences destructrices sont à l’origine du concept «Non aux petits alcoolos», lancé par Griote, Web média orienté sur les sujets liés aux femmes et enfants. Cette initiative s’est matérialisée les 13 et 16 décembre 2024 respectivement à l’école publique du Camp Bertaut à Makéa et au groupe scolaire bilingue Ernest Eyidi à Logbaba, cela a davantage permis de comprendre la dure réalité des tout-petits enfants face à l’alcool.
Près de 400 élèves ont été touchés par cette sensibilisation dirigée en présence des enseignants par la journaliste Clarence Yongo, la Directrice de Publication de Griote. Au cours des échanges avec la journaliste, ils ont révélé avoir consommé des boissons alcoolisées, des bières (33 export, mutzig, kadji, Guinness, harp, smooth, Isenbeck), des whiskys, les vins rouges et blancs de même du Mantago (vin de palme). Les enfants reçoivent ces boissons alcoolisées de leurs parents, grands-parents, ou aînés de la famille lors d’évènements exceptionnels ou pas. «Après la sensibilisation qui a eu lieu tout à l’heure, nous avons constaté que plus de 95% des enfants consomment de l’alcool à domicile. Et cet alcool est offert par les parents, grands-parents», rapporte dame Kassi Véronique, directrice du groupe scolaire bilingue Ernest Eyidi. Certains révèlent même avoir déjà bu une bouteille entière de bière. Ces révélations ahurissantes sont d’ailleurs une réalité démontrée il y a un an dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux en décembre 2023. Cette vidéo exposait 11 enfants, visiblement âgés entre 6 et 14 ans, formant une ronde autour d’une table et buvant de la bière. C’est l’un des tristes spectacles qui a motivé l’initiative «Non aux petits alcoolos». Les échanges des enfants avec la promotrice de Griote permettent de relever les méfaits qui amènent les jeunes élèves à réaliser le danger que représente l’alcool pour leur avenir.

Non à l’alcool ! Nouveau slogan des enfants contre l’alcool
A la question posée sur les conséquences, les élèves répondent que celui qui boit beaucoup devient saoul. Et à la question de savoir comment se comporte quelqu’un qui est saoul, les tout-petits répondent à tour de rôle : «Il vomit», «il pisse sur lui», « Il dort en classe», «il marche comme s’il veut tomber». Les élèves ont d’ailleurs fait des démonstrations d’une personne saoule lors de la sensibilisation. A la question de savoir s’ils voudraient être ainsi, les élèves répondent unilatéralement par la négation. L’oratrice Clarence Yongo leur explique que leur petit organisme n’est pas prêt pour supporter l’alcool. Ils n’ont pas besoin d’en prendre comme les adultes pour que les conséquences s’observent.
Faut-il le rappeler, l’alcool abrutit les enfants en réduisant leurs capacités intellectuelles, ce faisant, il les empêche d’évoluer dans les études qui sont nécessaires pour qu’ils réalisent leurs rêves. L’alcool est aussi dangereux pour la santé parce qu’il attaque le foie, les reins. «Donc globalement quand vous buvez de l’alcool ce n’est pas bon pour la santé. C’est pour celà qu’on doit dire stop à l’alcool !», instruit dame Clarence Yongo. «Le message c’est que quand vous rentrer à la maison, si c’est papa, maman, grand-père, grand-mère, l’oncle, la tante, le voisin, la voisine qui vous donne de l’alcool, vous dites stop à l’alcool ! », ajoute la journaliste pour attirer l’attention des parents qui ne mesurent pas les conséquences de leurs actions.

Les enfants sensibilisés s’engagent à dire Non à l’alcool!
Pour les enseignantes des établissements qui ont accueilli la sensibilisation, c’est une initiative à saluer pour tenir les enfants à l’abris de l’alcool et des stupéfiants contre lesquels dame Clarence Yongo a également sensibilisé. « Nous sommes entourés des quartiers chauds de la ville, les enfants étant en bas âge sont tellement vulnérables, ils sont tentés à vouloir imiter les grands. Donc l’initiative est louée, surtout que la consommation de l’alcool et des stupéfiants se passe dans les milieux scolaires de nos jours. Donc on loue vraiment l’initiative tenue aujourd’hui, parce que nos enfants en ont besoin», a déclaré dame Ndaki Monique Alvine, enseignante à l’école publique du Camp Bertaut. La directrice du groupe scolaire Ernest Eyidi, dame Kassi est quant à elle certaine que cette initiative louable portera des fruits. «les enfants ont cette habitude de répéter à la maison tout ce qu’on leur dit à l’école. Ainsi, prochainement ils refuseront l’alcool en rappelant aux parents le message de cette sensibilisation. ».
Le concept «Non aux petits alcoolos», de Griote continue et projette de s’étendre sur tout le territoire national, afin de préserver la jeunesse camerounaise qui a besoin de grandir sainement pour faire briller le Cameroun sur le plan mondial.
Chanelle NDENGBE

