HAÏTI : IMPLICATION PRÉSUMÉE DE LA VEUVE DU PRÉSIDENT ASSASSINÉ JOVENEL MOISE

L’ancienne première Dame passe ainsi de témoin à suspect, de l’assassinat de son mari survenu il y a plus de deux ans.

Martine Moïse est soupçonnée avec l’ancien premier ministre Claude Joseph d’être complice du meurtre de son défunt mari, dans l’ambition d’occuper elle-même les fonctions du chef d’Etat. C’est un rapport du juge Walther Wesser Voltaire publié lundi 19 février qui fait état de l’inculpation de l’ancienne première Dame haïtienne en même que celle de plusieurs anciens collaborateurs de l’ancien Chef d’Etat.

Inculpée pour complicité d’assassinat et association de malfaiteurs

« Complicité d’assassinat » et « association de malfaiteurs » constituent les motifs de l’inculpation de la veuve du Chef d’Etat assassiné comme mentionné dans le rapport de 122 pages, qui fait globalement état de l’implication d’une cinquantaine de personnes. L’enquête autour de l’assassinat qui avait bouleversé le pays se précise donc. Dans ledit rapport, le juge Voltaire indique que les déclarations de Martine Moïse en tant que témoin de la scène de l’assassinat ne cadrent pas avec ce qui est vraisemblable. Les déclarations de l’ancienne première Dame « sont tellement entachées de contradictions qu’elles la discréditent », lit- on dans le rapport publié par les médias locaux. La cachette pour laquelle elle dit avoir opté lorsque les assaillants sont arrivés dans leur demeure, serait une absurdité selon le juge. Dame Moise avait « laisser entendre» s’être refugiée sous le lit conjugal, mais les autorités policières qui ont fait le constat du meurtre rapportent que « même un rat géant…de 35 à 45 centimètres » ne pouvait pas se glisser sous ce lit. En outre, le Juge d’instruction fait aussi savoir que l’ancien secrétaire général du palais présidentiel , Lyonel Valbrun, interrogé dans le cadre de l’enquête a déclaré que deux jours avant l’assassinat du Président Moïse, il avait subi « de fortes pressions » de la part de Martine Moïse pour mettre le bureau du Chef d’Etat à la disposition de Claude Joseph.

Déjà en fin janvier dernier, l’ancienne première Dame était attendue devant les autorités policières pour être interrogée. C’est suite à cette interrogation que survient l’inculpation. Cette dernière associée à celle de l’ancien premier ministre Claude Joseph et celle de l’ancien chef de la police Léon Charles suscite un tollé, malgré les réfutations des accusés. En effet Claude Joseph accuse plutôt le Président par intérim Ariel Henry d’être derrière la mort de l’ex Président et vouloir empêcher les opposants comme lui de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Il déclare aussi que la veuve du Président Jovenel et lui sont des cibles ratées de la nuit du meurtre . « Ils n’ont pas réussi à nous tuer, Martine Moïse et moi le 7 juillet 2021, et maintenant, ils utilisent le système judiciaire haïtien pour faire avancer leur plan machiavélique. », a réagi l’ancien chef du Gouvernement au micro de l’Associated Press.

C’est dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 que l’ancien président avait été abbatu auprès de sa femme dans leur résidence privée à Pétion-ville à l’âge de 53 ans. C’était l’œuvre d’un commando armé. L’épouse s’en était sortie blessée grièvement au point d’être évacuée en Floride pour son traitement. Elle n’avait tout de même pas tardé à dénoncer le « trahison » et le complot dans la mort de son époux. À son retour des États-Unis, elle se heurte à la justice guidée dans l’affaire de l’assassinat de son défunt époux par le juge Voltaire.

Walther Voltaire est le cinquième juge designé dans l’affaire, ces prédécesseurs avaient désisté par crainte de représailles.

Chanelle NDENGBE

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