Le fils de la défunte a assisté impuissant à la scène macabre dont les responsables sont au nombre de cinq.
En quittant son lieu de service pour son domicile comme après chaque journée de travail, la gérante des transactions mobiles n’avait pas l’idée de ce qui l’attendait. Le pire c’est produit en chemin devant son adolescent qui n’a rien pu faire pour la sauver des griffes de ses bourreaux.
L’arrestation du moto-taximan responsable du meurtre de Marie Edwige au quartier omnisport a permis la reconstitution des faits.
La dame en quittant son lieu de service dans la nuit du 26 août 2024 en compagnie de son fils de 15 ans, a emprunté une moto qui ne lui était pas étrangère, pour son domicile à Ngousso. Une moto conduite par un homme bien connu du coin et qui avait l’habitude de la transporter. Mais lorsque les passagers ont voulu descendre au niveau de la Boulangerie Santa-Lucia, cette nuit là, le moto-taximan reçoit un appel et très rapidement se produit l’irréparable avec la mise en exécution du plan orchestré par le conducteur. «Elle était avec son fils…au niveau de Santa-Lucia, le moto-taximan a reçu un appel, il parlait dans sa langue maternelle. Quand elle est descendue de la moto, au moment où son fils voulait aussi descendre, il y a trois motos qui sont arrivées avec des personnes sur ces différentes motos. On a intimé l’ordre à sa mère de ne pas bouger. En voulant enlever sa jambe, elle a trébuché et c’est là où elle on a tiré sur elle», rapporte un riverain au micro de Canal 2 International. Les coups de feu sur sa mère mettent le jeune homme en état de choc, mais il réussit à échapper aux criminels et appelle le voisinage l’aide pour secourir sa maman. Les bourreaux en fuite, Marie Edwige est transportée à l’hôpital général de Yaoundé, où elle succombe aux deux balles reçues.
Après enquête, la police et la gendarmerie confirment que le mobile était le vol. Les bourreaux de Marie Edwige ne sont que des conducteurs de moto-taxi de jour, mais la nuit venue, ils deviennent des braqueurs. L’instigateur du plan comptait sur la confiance que sa victime avait en lui pour la réussite de son coup. « Le moto-taximan avait l’habitude de transporter cette dernière. Il a profité maintenant de cette confiance faite par la victime pour la dérober de ce qu’elle avait », révèle Lt Ewane Mesumbe, officier adjoint à compagnie de Yaoundé 3. C’est la Brigade de gendarmerie de Ngousso qui a procédé à l’interpellation des présumés meurtriers. Le témoignage du garçon de la défunte et survivant de ce braquage a permis d’interpeller en premier le conducteur régulier de sa mère, celui dont le pseudonyme est «Le français », selon les déclarations du commandant de la brigade de Ngousso, Martial Fouda Kounou.
Notre rédaction comptabilse à date une quarantaine de femmes tuées au Cameroun depuis le début de l’année 2024. Marie Edwige est la 46e enregistrée en 242 jours. La situation est de plus en plus inquiétante et appelle à des mesures concrètes pour protéger les Camerounais face à l’insécurité grandissante, les femmes en particulier qui sont plus en proie.
Chanelle NDENGBE
