Où en est-on avec la lutte contre toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et des filles c’est à cette problématique que va répondre le rapport d’évaluation du Cameroun.
À Yaoundé, le Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale (CNUDHD-AC) a abrité, le mercredi 26 juillet dernier, la cérémonie officielle de lancement du processus d’élaboration du rapport pays valant 6ᵉ et 7ᵉ rapports périodiques du Cameroun sur la mise en œuvre de la CEDEF (Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes).
Les travaux, ouverts par la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie Thérèse Abena Ondoa, visent à évaluer l’évolution des engagements de l’État du Cameroun en matière de protection des droits des femmes sur les dix dernières années.

Un contexte marqué par la hausse des violences faites aux femmes
Dès l’ouverture des échanges, la ministre a tenu à rappeler le contexte particulièrement préoccupant dans lequel s’inscrit cette évaluation. Alors même que les féminicides semblent avoir trouvé terrain fertile au cœur même de la capitale camerounaise, la ministre a regretté la banalisation croissante des violences faites aux femmes, tout en soulignant les avancées du gouvernement camerounais pour les éradiquer. Des avancées qui, selon elle, devraient aboutir à l’élaboration d’un projet de loi spécifique à la lutte contre les discriminations et les violences visant les femmes. L’adoption d’une telle loi viendrait vraisemblablement renforcer le cadre pénal déjà existant.
Une approche consensuelle et inclusive
Pour mener à bien cette mission, un comité interministériel et sectoriel composé de juristes de haut rang, de représentants de la société civile et de nombreux acteurs engagés dans la lutte pour l’égalité des genres est à pied d’œuvre. La rencontre du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), en partenariat avec le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (CNUDHD-AC),réunit « des responsables du MINPROFF, des points focaux gouvernementaux, des organisations de la société civile et des partenaires techniques et financiers » selon le communiqué y afférent, afin d' »enrichir et valider le projet de rapport national qui sera soumis au Comité CEDEF, en mettant en lumière les progrès réalisés par le Cameroun, les défis persistants et les perspectives pour renforcer la promotion et la protection des droits des femmes et des filles.«
Leurs travaux aboutiront à la rédaction d’un rapport global et consensuel, dont la présentation finale est attendue pour février 2027. Les recommandations pourront peut-être permettre de juguler la saignée des féminicides dont les échos font trembler la société camerounaise toute entière.
Rappelons que la CEDEF est l’un des instruments internationaux majeurs de protection des droits humains. Adoptée par l’ONU en 1979, cette convention a été ratifiée par le Cameroun le 15 juillet 1994.
John Matou
