Les deux parties ont été entendues devant la haute cour fédérale d’Abuja, dans l’affaire opposant la sénatrice Natasha Akpoti au patron du sénat.
L’affaire s’est ouverte à la haute cour fédérale d’Abuja suite à la plainte déposée par la sénatrice Natasha Akpoti-Udhuaghan contestant sa suspension du Sénat à la suite de ses accusations de harcèlement sexuel contre le président du Sénat. La cour avait prévu d’examiner la légalité ou non de cette suspension le 12 mai 2025.
En charge de l’affaire, la juge Binta Nyako a ajourné lundi jusqu’à mardi l’audience sur la légalité ou non de la suspension de Natasha Akpoti-Udhuaghan du Sénat pour une durée de six mois. Cette supspension avait été prononcé par la commission d’éthique du Sénat le 6 mars 2025, au lendemain des accusations contre Godwill Akpabio, président du Sénat. Si des parlementaires representant la commission d’éthique du Senat, déclarent que Natasha Akpoti-Udhuaghan a été suspendue pour « faute grave et indiscipline », la sénatrice représentée par Me Yubril Okutekpa insiste sur le fait que sa suspension est une manœuvre de Godwill Akpabio pour la museler sur les accusations de harcèlement sexuel portées contre lui. Selon elle, le chef du Sénat chercherait d’ailleurs à l’éliminer en complicité avec un ancien gouverneur de l’Etat de Kogi. Ces accusations de tentative d’assassinat surviennent à la suite d’une attaque contre la maison familiale de la sénatrice. C’était le 15 avril 2025, des hommes armés étaient entrés par effraction dans la maison du grand-père de la parlementaire avant d’être repoussés par les habitants et les agents de sécurité. Pour la sénatrice, il ne fait aucun doute que le président de la chambre haute et harceleur présumé est derrière cette attaque. Les auteurs pensaient qu’elle se trouvait dans cette demeure ce jour-là. Suite à cette attaque, elle avait de nouveau saisi les juridictions compétentes et interpellé particulièrement l’inspecteur général de police pour bénéficier à nouveau du dispositif de sécurité qui l’entourait avant sa suspension du Sénat.
Les débats étaient une véritable confrontation entre les deux parties. Les sénateurs accusés de suspension illégale n’ont pas manqué de constester la compétence du tribunal dans le jugement de ce litige qu’ils considèrent comme une affaire interne au Sénat. La juge Nyako a fixé le délibéré pour le 27 juin prochain.
En attendant, la sénatrice de l’Etat de Kogi est focus sur son combat pour obtenir justice sur son « illégale » suspension et au harcèlement sexuel dont elle affirme avoir été victime et dont l’auteur est son supérieur hiérarchique, Président du Senat. Ses accusations contre Godwill Akpabio ont soulevé un véritable tollé au pays le plus peuplé d’Afrique. Un tollé qui s’est accentué avec la suspension de la sénatrice après les accusations de harcèlement sexuels. Des personnalités politiques sont montées au créneau pour défendre la sénatrice et dénoncer une atteinte aux droits de l’une des quatre femmes que compte le Sénat nigerian sur 109 membres. Le 27 juin 2025 est attendu avec impatience par les Nigerians pour connaître la fin de cette affaire.
Chanelle NDENGBE
