Les questions de genre sensible sont de plus en plus au centre des débats publics grâce au travail des médias spécialisés, mais il reste encore fort à faire.
C’est ce que se sont accordés à dire journalistes et Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente ONU-Femmes Cameroun depuis janvier 2023. Il est donc question d’informer, éduquer, sensibiliser.
Informer et sensibiliser pour un engagement collectif
Rassemblés autour d’une même table ce vendredi 06 septembre 2024 dans les locaux d’Onu-femmes à Yaoundé,, les médias à fort impact dans la lutte contre les inégalités liées au genre et dame Raky Chaupin ont discuté des stratégies efficaces à mettre en place pour atteindre les objectifs communs.
Au moment où les violences basées sur le genre prennent leurs formes les plus visibles, avec en première ligne les féminicides qui deviennent des sujets de débat public dans notre pays, il est capital de sensibiliser le public sur les atrocités liées à ces situations, afin d’impulser un changement de comportement par la prise de conscience.
Parce qu’informer contribue à prévenir, il a également été question au cours de l’échange de souligner l’importance d’informer les femmes sur leurs droits, mais aussi présenter des exemples de survivantes, de réussites féminines afin de susciter chez les plus jeunes l’envie de suivre les pas de leur role models pour obtenir leur autonomie.
Informer pour atteindre les objectifs 2022-2026 de ONU-Femmes
Sous la coordination Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente ONU-Femmes Cameroun , les professionnels des médias ont jeté un regard sur le tableau de la situation des femmes au Cameroun.
Selon un rapport DHS de 2018 présenté lors de la rencontre, l’on apprend que 44% de femmes âgées entre 15 et 49 ans sont victimes de violence conjugales, le pic étant enregistré dans les métropoles de Yaoundé et Douala. Et, pour la même tranche d’âge, le pourcentage des femmes séropositives est en constante évolution dans les régions du Nord-Ouest et de l’Adamaoua. En 2018, le pic était de 6.8% et 4.7% respectivement. Des chiffres préoccupants qui pourraient être bien plus alarmants quand on considère la situation sociopolitique de ces deux régions exposées à la rigueur de la pauvreté et à l’horreur de la guerre.
« Nous sommes conscients que nos chiffres ne sont qu’indicatifs mais ils constituent déjà une base solide de travail pour notre organisation » dira dame Raky Chaupin avant de souligner les efforts réalisés par son bureau dans l’optique d’apporter un important soulagement aux femmes victimes de toutes formes d’abus. « Ces dernières années, nous avons formé des journalistes, le personnel des forces de maintien de l’ordre et bien d’autres entités de la société civile sur des questions stratégiques qui pourraient nous permettre d’éradiquer tous les abus à l’horizon 2030″ argumentera la diplomate.
Selon les dires de la maîtresse des lieux de telles actions vont avoir plus d’impact encore si la « main tendue » de ONU-Femmes Cameroun est bien reçue. » Nous avons besoin de vous et vous aussi, vous avez besoin de nous » lancera t-elle en direction de ses convives.
En guise de réponse, les professionnels de médias vont unanimement saluer l’espoir porté par la tenue d’un tel cadre de concertation. « Assurément, une initiative comme celle-ci va nous permettre d’avoir un accès plus facile aux informations » nous rejouirions-nous, car promouvoir une société équitable sans accès à l’information est une gageure. D’ailleurs la formation des forces de maintien de l’ordre doit être publiée car de nombreuses victimes rencontrées par Griote disent souvent être rabrouées par les agents de maintien de l’ordre qui estiment que les violences conjugales relèvent du domaine de « la vie de couple ». C’est d’ailleurs la raison qui a poussé les journalistes de Griote à engager des statistiques sur les violences basées sur le genre à partir des sujets traités par eux et porter la responsabilité de comptabiliser les féminicides depuis 2021.
C’est ainsi que l’agenda 2022-2026 a été présenté aux journalistes spécialisés, dans le but de montrer les enjeux importants pour lutter contre les inégalités liées au genre.
John Matou
